February 09, 2020
La viande bientôt taxée pour son impact environnemental en Europe ?

Après la taxe soda, plusieurs associations néerlandaises ont soumis au Parlement européen un rapport présentant les avantages économiques et environnementaux d'une taxe sur les protéines animales, rapporte le journal Les Échos. Il ne s'agit plus de s'interroger sur sa toxicité, mais sur son impact environnemental.
Taxer plus pour manger moins de viande
Derrière cette initiative se trouve un groupe d'associations, la True Animal Protein Price Coalition (TAPPC), pour qui l'argument des coûts cachés de la viande et un impératif environnemental. Avec une telle taxe, ces associations estiment donc que la consommation de bœuf pourrait être réduite de 67 % d'ici à 2030, de 57 % pour le porc et de 30 % pour la volaille.
Si l'idée n'est pas récente, l'ampleur de la taxe estimée par les associations l'est. Les projections pourraient ainsi faire grimper le prix de certaines viandes de 25 %. À partir de 2021, le surcoût envisagé serait de 10 centimes pour 100 grammes, peu importe la viande. Mais, à terme, c'est le bœuf qui serait le plus fortement touché avec 47 centimes, suivi du porc avec 36 centimes et de la viande de poulet avec 17 centimes. Au niveau européen, cette taxe pourrait rapporter 32 milliards d'euros d'ici à 2030, selon ses créateurs.
Une étude américaine de 2014 attribuait au seul élevage de bétail la responsabilité de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. En octobre 2018, une autre étude estimait que la production de protéines animales comptait pour entre 72 à 78 % des émissions agricoles totales de gaz à effet de serre. La production de viande exerce aussi une pression non négligeable sur les ressources aquifères.