August 29, 2019
Le coup de poker de Boris Johnson

Objet de toutes les rumeurs depuis plusieurs semaines, la demande du Premier ministre Boris Johnson de suspendre les activités du Parlement britannique a été approuvée par la reine Elizabeth II, ce 28 août. En tentant de limiter le débat sur le Brexit, cette sortie du Royaume-Uni de l’Europe, prévue officiellement à la fin du mois d’octobre, le leader des conservateurs a pris le risque de provoquer une crise politique majeure dans son pays. Manœuvre habile ou véritable coup de poker de la part de Boris Johnson, Londres semble se diriger vers un « No deal » avec Bruxelles qui ne cache pas sa colère.
L’opposition britannique n’a pas tardé à réagir et dénoncer immédiatement « un scandale constitutionnel et une menace pour la démocratie ». Pourtant, tout porte à croire que le tonitruant ancien maire de Londres a le soutien des Anglais qui se disaient prêts à adouber l’idée de suspension du Parlement à plus de 54 % dans un récent sondage, publié par ComRes ce mois-ci. Les députés « Remainers » n’ont désormais plus que quelques jours pour essayer de stopper une sortie brutale sans accords du Royaume-Uni hors de l’Europe. Un véritable « putsch » pour certains élus de l’opposition, le Parti travailliste en tête. « Suspendre le Parlement est inacceptable », a déclaré Jeremy Corbyn qui a demandé une motion de censure contre le Premier ministre d’une monarchie prise en étau dans ce débat qui divise les sujets de « The Queen ». Un argument vite balayé par les « Brexiters », comme le député eurosceptique Daniel Hannan qui a déclaré : « Cette session parlementaire a duré trois ans. […] Quelle mentalité tordue faut-il avoir pour qualifier un retour tardif à la normalité constitutionnelle de “coup d’Etat” ? »