October 18, 2019
Le gouvernement prêt à freiner la réforme des retraites par crainte d'un nouveau mouvement social d'ampleur

La période de Noël pourrait de nouveau être compliquée pour le Gouvernement. Après un hiver 2018 marqué par le pic de la contestation des gilets jaunes, c'est une nouvelle fronde sociale qui attend l'exécutif. En effet, la CGT, FO, FSU et Solidaires ont appelé à une journée de grève interprofessionnelle pour le jeudi 5 décembre. Ils rejoignent ainsi l'initiative lancée par plusieurs syndicats de la RATP, de la SNCF et des transports routiers.
Vers un nouveau mouvement social d'ampleur ?
C'est donc un jeudi noir qui pourrait attendre le gouvernement, d'aucuns y verront certainement une référence au 5 décembre 1995. Ce jour-là, 2 millions de Français étaient descendus dans la rue pour dénoncer le futur projet de retraite qu'Alain Juppé avait ensuite abandonné.
Une symbolique d'autant plus visible que 24 ans plus tard, il est une nouvelle fois question de retraites. En effet, les quatre formations syndicales s'opposent à la réforme des retraites envisagée par le Gouvernement et l'accusent d’avoir comme "double objectif" de "réduire les pensions" et de "repousser l’âge de départ". Le nouveau système, dont l'application devrait entrer en vigueur en 2025, prévoit la suppression des régimes spéciaux et une application du système par points à partir de la génération née en 1963, celle qui aura 62 ans en 2025 donc.
Si les dernières mobilisations syndicales n'ont eu que très peu d'effets, la prévision d'une mobilisation monstre le 5 décembre effraie le gouvernement soucieux de ne pas s'enliser à nouveau dans un mouvement social d'ampleur.
L'exécutif tente de calmer le jeu
Ainsi, face à la grogne qui monte, l'exécutif tente de calmer le jeu et envisage même plusieurs scénarios de repli. En effet, une piste du rapport du haut-commissaire, Jean-Paul Delevoye, envisage de faire glisser la mise en place du régime par point à ceux qui sont nés en 1964 voire 1965 et non plus 1963. Ainsi, en fonction des différents régimes, il serait donc possible de retarder le basculement dans le nouveau système de retraite.
De quoi contenter une partie des forces syndicales. Cependant, une seconde piste, plus radicale, est également à l'étude. Celle de n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail. De fait, tous ceux qui ont prévu de se mobiliser pour le 5 décembre ne seraient pas concernés par le changement… le gouvernement comptant ainsi sur l’absence supposée d’altruisme chez les grévistes.
Un scénario d’école, la «clause du grand-père», mais assez peu probable même si c'est ce système qui a été retenu pour la réforme de la SNCF en 2018.
Ainsi, ces nouvelles annonces s’apparentent à une simple opération déminage. Une opération de déminage à grand coup de communication, la meilleure arme de défense du quinquennat Macron.
Les syndicats, moribonds et qui ne peuvent plus compter sur la CFDT, véritable centrale En Marche, pourrait bien tenter de se refaire la cerise avec cette réforme. Le gouvernement, lui joue une partie de son électorat venu de la droite parlementaire qui sera très probablement sensible à une position de fermeté vis à vis des grévistes.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir