February 15, 2023
Le journaliste Seymour Hersh affirme que les États-Unis auraient "fait sauter Nord Stream" par crainte que Berlin ne lève les sanctions contre la Russie pendant un hiver froid

Les États-Unis auraient mené une opération secrète visant à détruire les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en raison de leurs doutes quant à la fermeté de l'Allemagne à l'égard de la Russie, affirme le célèbre journaliste d'investigation américain Seymour Hersh, qui a notamment publié un rapport qui impute à Washington la responsabilité de plusieurs explosions qui ont gravement endommagé les conduites d'énergie en septembre 2022.
Un "sabotage" par peur que l'Allemagne ne lève les sanctions en cas d'hiver trop froid ?
Dans une interview publiée par le Berliner Zeitung mardi 14 février 2023, M. Hersh a suggéré que Washington a procédé au sabotage parce que le conflit en Ukraine "ne se passait pas bien pour l'Occident". Il ajoute que Nord Stream 2 "a été mis en attente par l'Allemagne elle-même, et non par des sanctions internationales, et que les États-Unis avaient peur que l'Allemagne lève ses sanctions à cause d'un hiver froid."
Selon M. Hersh, les bombes ont été posées en juin 2022 lors d'exercices navals de l'OTAN en mer Baltique.* "Mais à la dernière minute, la Maison-Blanche est devenue nerveuse. Le président a dit qu'il avait peur de le faire. Il a changé d'avis et a donné de nouveaux ordres pour avoir la possibilité de faire exploser les bombes à distance à tout moment"*, a-t-il noté.
Pour rappel, Nord Stream 1 et 2, qui reliaient la Russie et l'Allemagne sous la mer Baltique, ont été endommagés par une série d'explosions sous-marines le 26 septembre. Le 8 février, Hersh, un journaliste lauréat du prix Pulitzer, a publié son rapport accusant les États-Unis d'être responsables de l'attaque. La Maison Blanche a rejeté l'allégation en la qualifiant de "totalement fausse et de fiction complète". Toutefois, au début du mois de février 2022, soit environ deux semaines avant le début du conflit ukrainien, M. Biden avait déclaré, lors d'une conférence de presse avec le chancelier allemand, que "si la Russie nous envahit... nous mettrons fin" à Nord Stream 2.
À la suite du rapport, le secrétaire de presse du Kremlin, Dmitri Peskov, a appelé à "une enquête internationale ouverte sur cette attaque sans précédent", affirmant qu'au lieu de cela, la Russie assiste à des "tentatives de réduire silencieusement" de telles enquêtes.