October 12, 2021
Le Venezuela exige des excuses de l’Union européenne

Une fois encore l’Europe s’arroge, semble-t-il, des pouvoirs qui défient le principe même de non-ingérence dans les politiques étrangères. Même si une mission d’observation, pour les futures élections régionales de novembre prochain, avait été décidée entre le président du vénézuela Nicolas Maduro et l’Union Européenne,** il semble que celle -ci ait outrepassé ce qui devait être son rôle en prenant des positions et tenant des propos qui peuvent en effet choquer un pays souverain**.
Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, a affirmé que ce sera le rapport de la mission d’observation qui décidera de la validité ou non du résultat de ces élections, ce qui traduit, aux yeux du président Maduro, une volonté d’ingérence supérieure à ce que l’accord prévoit. Maduro rappelle que l’Union européenne avait signé un accord qui devait se borner à* “réguler la présence de la mission”* et d’ajouter : "Toute chose qui met en péril les principes de cet accord m’oblige à voir ce qui se passe. Rien n’est définitif…”
Le président Maduro mène des négociations depuis août avec l’opposition représentée par Juan Guaido afin de sortir de la grave crise économique que traverse le pays. Rappelons que le Vénézuela avait vécu en 2018 et 2019 une situation politique très perturbée : Nicolas Maduro était réélu président, mais Juan Guaido, alors chef du Parlement, remettant en question le résultat des élections, s’était auto-proclamé en 2019 président intérimaire du Vénézuela, soutenu par le Parlement. Le conseil européen, s’il maintient ne pas reconnaître la légitimité du résultat de ces élections législatives de décembre 2018, ne considère plus Juan Guaido comme président de l’assemblée nationale et président intérimaire de la république vénézuélienne, même si ce dernier est toujours très soutenu par l’UE notamment. Juan Guaido, qui fut aussi très soutenu par les USA de Donald Trump, l’ensemble des pays occidentaux et certains pays d’Amérique du Sud, a toutefois accepté de négocier avec le président Maduro et de sortir de sa politique de boycott des élections en affirmant vouloir participer au scrutin de novembre prochain.
C.H