May 07, 2019
L’exécutif n’envisage pas de geste pour baisser les prix du carburant

C’est un problème dont le gouvernement se serait bien passé. Après un hiver plutôt calme, les prix du carburant opèrent depuis plusieurs semaines une franche remontée, au point d’atteindre les niveaux les plus hauts depuis six mois. Lundi 6 mai, le gazole, carburant le plus vendu en France avec près de 80 % des volumes, s’élevait à 1,47 euro le litre en moyenne, et le sans-plomb 95 atteignait, lui, 1,58 euro le litre, un sommet depuis 2013.
Le 17 novembre 2018, les premières mobilisations des « gilets jaunes » avaient démarré sur un rejet de la fiscalité sur l’essence, alors que les prix étaient déjà au plus haut. Depuis, le gouvernement a dû battre en retraite sur la hausse de la « taxe carbone », et s’est bien gardé de préciser sa trajectoire depuis.
En France, près de 60 % du prix payé à la pompe est constitué de taxes : la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE, qui inclut la taxe carbone) et la TVA, principalement. Une fiscalité qui touche plus durement les plus modestes, et notamment ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur véhicule quotidiennement pour se rendre à leur travail. Le reste couvre essentiellement les prix du pétrole, dont les variations ont au cours des derniers mois été spectaculaires, avec une franche hausse récemment.
Depuis plusieurs semaines, le secteur du pétrole bataille contre toute nouvelle hausse de la taxe carbone. « La fiscalité est un sujet extrêmement sensible pour les consommateurs : vingt millions de personnes n’ont pas d’alternative à l’utilisation de leur voiture », estimait récemment Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP).