November 14, 2019
L’hôpital public sera-t-il la goutte d’eau du mouvement social qui fera plier le gouvernement ?

Alors qu’une grève massive de la SNCF est prévue début décembre et que les Gilets Jaunes maintiennent la pression, le secteur hospitalier pourrait aussi faire entendre sa voix.
L’hôpital public s’invite dans la danse des mouvement sociaux de l’hiver
La récente grève des urgentistes avait déjà rappelé à l’ordre l’exécutif sur la crise qui agite le secteur, ce jeudi les personnels hospitaliers se sont mobilisés : médecins, infirmières, aides-soignantes, internes ou encore la conférence des doyens des facultés de médecine, tous les échelons sonnent la sonnette d’alarme.
70 des 77 directeurs médicaux des hôpitaux de Paris ont signé une tribune dans le journal Le Monde dénonçant un système « au point de rupture » : un point de rupture qui se caractérise par de nombreuses fermetures de lits mais aussi par des salaires considérés comme trop peu élevés par les professionnels du secteur.
Comme pour l’école, le gouvernement hérite d’une situation calamiteuse laissée par ses prédécesseurs… une situation face à laquelle LREM semble guère mieux déterminée que les socialistes et la droite parlementaire en leur temps. Les racines du mal sont profondes : régulation budgétaire couplée à une réduction du temps de travail, problème de formation, difficultés de recrutement… les réponses elles, divisent : entre les partisans d’une privatisation à tout crin et les adeptes du collectivisme difficile de trouver une voie médiane audible, crédible et raisonnable.
La difficulté résulte aussi de la gestion des hôpitaux, dont les exigences de performance sont aujourd’hui parfois comparables à celles des entreprises et le fonctionnement effectif des hôpitaux qui s’apparente plus à celle d’une administration avec les problèmes que cela implique.
Le plan santé, annoncé il y a un an et traduit par la loi « Ma santé 2022 », voté mi-juillet, envisage des réformes à moyen termes mais la crise du secteur semble exiger des réformes plus rapides… c’est en tout cas ce que semblent vouloir les professionnels du secteur. En dépit de l’annonce de 750 millions d’euros débloqués par le gouvernement en septembre, la coupe semble pleine et les personnels des hôpitaux pourraient former un nouveau contingent de mécontents dans les mouvements sociaux qui vont marquer la fin de l’année 2019.
La goutte d'eau de trop qui fera plier le gouvernement ?
En effet la grève de la SNCF et des transports parisiens du 5 septembre va succéder au premier anniversaire des Gilets Jaunes, ce qui pourrait donner naissance à un mouvement social et de révolte majeur, comme la France n’en a pas connu depuis plusieurs années voire plusieurs décennies.
Des infrastructures à bout de souffle, des bas salaires et la carotte consumériste consumant les pires frustrations de tous, la tiermondisation progressive de la France et de son territoire laisse entrevoir une crise sociale sans précédent. Le gouvernement pourrait donc passer une fin d’année cauchemardesque… des tensions qui, si elles, sont relativement contenues, serviront le gouvernement en vue des élections locales mais qui, si elles venaient à aller beaucoup trop loin, pourraient ébranler le premier ministre Edouard Philippe.
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés **de ce soir