Licences de pêche britanniques: pêcheurs français et biodiversité dans la tourmente
Après les négociations du Brexit, le bras de fer continue entre Londres et Paris concernant les attributions de licences de pêche dans les eaux britanniques.
Les pêcheurs français, à la tête de bateaux de pêche artisanale, ont reçu cette semaine la liste des bateaux autorisés à pêcher dans les eaux britanniques et il semble que le compte n’y soit pas par rapport aux années précédentes. Nombre de pêcheurs français se retrouvent en totale incertitude quant à leur avenir professionnel.
En revanche, il semble que les britanniques aient accordé davantage de licences à la pêche industrielle, ce que critique également la France pour des raisons bien comprises, à savoir la pénalisation de nombreux bateaux français, mais aussi et surtout un risque accru pour la biodiversité sous-marine.
Face aux britanniques qui ne respectent pas les accords signés lors du Brexit avec l’UE et la France tout particulièrement, le gouvernement français, qui tape sur la table sans grand résultat, ne semble pas avoir les cartes en main. Aucune voie n’est tracée, aucune stratégie dessinée de la part des autorités françaises.
Les spécialistes de la mer, eux, demandent à prendre le problème dans le bon sens, comme il a été fait concernant la pêche en Méditerranée.
En Méditerranée, le thon rouge était en voie d’extinction, les manifestations pour les quotas de pêche se multipliaient, avec blocages de ports puis in fine la solution de sagesse fut acceptée par tous: réunion autour d’une table de tous les protagonistes et mise à plat des problèmes, à commencer par l’extinction du thon rouge dûe à la surpêche effrénée. Le but premier était de sauver l’espèce, les solutions furent trouvées, les bons quotas respectés et le thon rouge est aujourd’hui sauvé, le nombre d’individus étant à ce jour multiplié par quatre.
Voilà ce que demandent les professionnels français pour organiser dans les eaux britanniques une exploitation raisonnée et pérenne de la richesse sous-marine ce qui, à l’évidence, favoriserait la conservation de la biodiversité mais aussi la pêche française peu prédatrice et compatible avec un déploiement sans restriction de sa flotte artisanale.