"La hausse des prix, selon les derniers chiffres disponibles, sera d’environ 1,8 % voire 1,9 % en 2018. Autrement dit, il manque plus de 1 % au livret A pour qu’il couvre l’inflation, c’est-à-dire pour qu’il ne fasse pas perdre de pouvoir d’achat aux épargnants ! Un point de taux d’intérêt sur les 360 milliards d’euros placés sur ces livrets, cela se traduit par une perte d’environ 3,6 milliards d’euros de pouvoir d’achat pour les Français. C’est, par un effet de vases communicants, autant d’argent en plus dans les caisses des banques !
(...) Jamais depuis le début des années 1980, cet outil d’épargne pour les classes moyennes et populaires n’a fait perdre autant d’argent. Il y avait un consensus ces dernières années : il devait, a minima, être aussi rémunérateur que l’inflation.
C’est le fruit d’une décision politique. En 2017, le gouvernement a décidé de geler le taux de 0,75 % jusqu’au début 2020. Or, nous ne sommes plus dans la même situation au moment où la décision a été prise, avec des niveaux d’inflation proche de zéro. Aujourd’hui, elle redémarre. Nous demandons donc à ce que le taux du livret A revienne au-dessus de l’inflation.
(...) On aurait très bien pu cumuler les deux mesures : gel des tarifs et dégel du taux du livret A. Les banques ont les moyens, elles sont encore largement bénéficiaires. Et, pour les classes moyennes, cela serait une mesure de soutien au pouvoir d’achat directement visible. Nous l’avons suggéré au gouvernement, en décembre, lors de discussions sur les mesures à prendre pour faire face à la crise des Gilets jaunes. Nous n’avons pas été entendus."