October 19, 2022
Lola, une fracture française (OJIM)

OJIM- Parfois, l’opinion publique retient dans le flot d’informations que déversent les médias un fait divers parmi d’autres. Le meurtre particulièrement atroce à Paris d’une jeune fille de 12 ans prénommée Lola, vendredi 14 octobre, a provoqué une onde de choc assez inattendue.
Par contraste, dans les jours qui ont suivi cet événement, les médias de grand chemin et nos dirigeants ont fait preuve à ce sujet d’une parcimonie d’informations particulièrement remarquable. On peut parler d’une véritable fracture française, entre un milieu politico-médiatique corseté par les tabous et une frange non négligeable de l’opinion publique qui ne souhaite pas en rester là.
Vendredi 15 octobre, à 9h, BFMTV informe ses téléspectateurs que le corps d’une jeune fille de 12 ans, disparue la veille, a été découvert « dans une malle ». Une onde de choc se répand sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter. Les médias de grand chemin commencent alors à donner des informations sur l’enquête en cours. « L’enquête s’accélère », selon Le JJD à 19h57, évoquant la piste du trafic d’organes.
Le 16 octobre, à 12h31, Le Parisien apporte des informations sur quatre personnes gardées à vue dans le cadre de cette affaire : « il s’agit de deux hommes et de deux femmes, âgés de 24 à 43 ans, entendus pour “meurtre sur mineur de moins de 15 ans avec actes de torture et de barbarie (…). Les deux femmes en garde à vue sont des sœurs. Tous sont nés en Algérie et au moins l’un d’entre eux est sans domicile fixe” ».
Puis, le 17 octobre, TF1 nous apprend qu’« une femme de 24 ans est désormais considérée comme la principale suspecte dans l’affaire ». Le site de la chaine de télévision donne des précisions à son sujet : « En situation irrégulière sur le territoire français, elle fera ces prochaines semaines l’objet d’expertises psychiatriques. Mais son état de santé mentale a été jugé compatible avec son placement en garde à vue ». Si l’on ne parle désormais plus de 4 suspects, une autre personne a retenu l’attention de la police : « Son complice présumé, un homme de 43 ans, va également être présenté à un juge d’instruction dans la journée. Il est soupçonné d’avoir hébergé la suspecte et conduit un véhicule dans lequel elle se trouvait ».