April 24, 2019
L'ONU à la rescousse de la biodiversité

Le chiffre est sans appel. Selon un projet de rapport sur la biodiversité qui sera présenté par la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) du 29 avril au 4 mai à Paris, jusqu'à un million d'espèces animales et végétales pourraient être menacées d'extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies.
Un constat inquiétant alors que plusieurs centaines d'espèces animales ont déjà disparu totalement. Ainsi, l'organisation des nations unies tire la sonnette d'alarme alors que l'IPBES doit se réunir du 29 avril au 4 mai à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. Lors de ce sommet, les 130 pays membres de la plateforme intergouvernementale discuteront d'un rapport de 1 800 pages sur lequel ont planché 150 experts de 50 pays depuis 3 ans. Selon le projet de résumé, diverses preuves indépendantes signalent une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces même si les facteurs de cette extinction ne s'intensifient pas.
Par ailleurs, ces projections correspondent aux mises en garde de nombreux scientifiques qui estiment que la Terre est à l'aube d'une 6ème "extinction de masse", la première attribuée à l'homme qui a déjà fait disparaître au moins 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans. Le rapport est en partie basé sur l'analyse d'espèces bien étudiées, notamment les vertébrés, mais met en avant les incertitudes concernant nombre d'autres moins connues, en particulier les insectes.
Un risque pour la biodiversité et donc directement pour l'Homme. En effet, nourriture, énergie ou encore médicaments... l'espèce humaine tire l'essentiel de son développement à travers la nature. plus de 2 milliards de personnes dépendent du bois pour l'énergie, quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75 % des cultures ont besoin d'être pollinisées par des insectes.
Parmi les principaux responsables de cette situation : l'utilisation des terres ,l'exploitation directe des ressources à travers la chasse ou la pêche mais également la pollution et les espèces invasives. Tant de facteurs à l'origine de la disparition de nombreuses espèces animales et végétales. Cependant, force est de reconnaître que la trajectoire sera difficilement modifiable. En effet, la démographie mondiale ne cesse de s'accentuer impliquant nécessairement un besoin en ressources naturelles toujours plus élevé. D'ailleurs, le rapport pointe du doigt le modèle agricole notamment chez les populations les plus pauvres de la planète. Par ailleurs, le rapport estime que trois-quarts des surfaces terrestres, 40% de l'environnement marin et la moitié des cours d'eau ont déjà été "gravement altérés".