December 23, 2021
Mgr Blondel et la violence "réactionnaire" des tradis (Présent)

Messe traditionnelle
Mgr Blondel a 81 ans. Il est évêque émérite de Viviers, cette petite ville de l’Ardèche. Dans un article publié par La Croix, il défend le dernier texte romain qui restreint encore plus mesquinement l’usage du rite traditionnel (Présent, 21 décembre 2021). Quitte à être approximatif ou malveillant. Mgr Blondel parle ainsi d’une « violence “réactionnaire” » qui « montre […] que le pape a eu raison d’intervenir. C’est bien une “Eglise” complète, à part, à côté qui se constituait petit à petit et qui s’est sentie menacée ». Une « Eglise » pourtant encore récemment accueillie à bras ouverts à Rome ou à Chartres dans le cadre de différents pèlerinages sans que cela ait soulevé un quelconque problème…
Mgr Blondel a trouvé un pendant au « séparatisme » qui agite le débat public profane : le « parallélisme » qui « s’intensifiait ». L’évêque cite ainsi les différentes œuvres : « catéchisme, patronage, petite école, refus de communion dans la main pour des personnes de passage… » Par définition, la communion sur la langue fait partie de l’usage traditionnel et ne semble pas avoir créé de difficultés pour ceux qui n’aiment pas l’ancien rite dans la mesure où ils n’y participent pas.
Enfin, Mgr Blondel doit reconnaître une certaine vitalité de ces communautés : « … on ordonnait des prêtres uniquement pour ces communautés et bien sûr ils les développaient avec leur allant et leur dynamisme ». Mais si une communauté est dynamique, cela ne dément-il pas l’accusation de « parallélisme » ? Selon la théologie classique, le bien est diffusif de lui-même. Justement, au niveau théologique, Mgr Blondel se contente d’égrener de vieux poncifs : il oppose « l’incroyance », « la mission nécessaire », « l’accueil des cultures » au « combat d’arrière-garde » et dénonce la « diversion sournoise » (sic) des catholiques traditionnels tout en invoquant « le souffle impératif du concile Vatican II ». Souffle dont on se demande ce qu’il a pu produire dans un diocèse visiblement peu dynamique au niveau de la foi et du nombre d’ordinations sacerdotales…
Mauvaise foi
Outre sa mauvaise foi patente, la tribune de Mgr Blondel sent plutôt l’article de commande. Car ses collègues toujours en activités sont, eux, silencieux. Trêve des confiseurs – ou de Noël – oblige, ils ne se sont pas prononcés. Comme en juillet 2021, lors de la publication du motu proprio Traditionis custodes, ils semblent en fait gênés. Si les évêques de France ne sont pas nécessairement tridentins, ils n’ont guère apprécié le retour au cours de l’été de querelles dont ils se seraient bien passés. Mis à part le diocèse de Dijon, aucun diocèse n’avait vraiment de situation tendue opposant des catholiques de Tradition à leurs évêques. Bien au contraire, ils « engrangeaient » les fruits de la politique pacificatrice du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. D’où une certaine amertume. Fait troublant : en 2006, Mgr Blondel s’était illustré dans la vente à bas prix d’un terrain pour la construction d’une mosquée…