April 11, 2019
Modération sur Facebook : entre censure et traumatismes

Les modérateurs de Facebook sont un peu les nettoyeurs du net. Alors que les réseaux sociaux se multiplient, de plus en plus de publications sont mises en ligne… Parmi celles-ci, des contenus à caractère violent, pornographique ou autres… soumis à l’approbation des modérateurs… Des hommes et des femmes de l’ombre chargés de faire respecter les « standards de la communauté » Facebook.
En 2017, ils étaient au moins 4500 dans le monde entier, mais après une série de meurtres diffusés en direct sur la plate-forme, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, avait annoncé vouloir engager 3000 modérateurs supplémentaires… Leur travail, passer en revue les publications qui ont été signalées par les internautes. Certains contenus sont signalés sans pour autant contenir d’images choquantes. D’autres sont tout simplement terribles.
Mais les règles de la communauté Facebook sont complexes… au point que les modérateurs ont parfois du mal à trancher. Ainsi, une publication qui indiquerait qu’il faut stériliser les autistes serait autorisées dans la mesure où les autistes ne sont pas considérés par Facebook comme une « caractéristique » protégée… La même phrase avec le mot « étranger » à la place et là, le contenu est directement banni. D’ailleurs, beaucoup des contenus signalés font référence à des contenus jugés racistes… Le fossé entre autorisation et interdiction peut ainsi donner lieu à des bannissements jamais loin de la censure…
Souvent exposés à des images extrêmement violentes comme des films réalisés par les cartels de la drogue en Amérique Latine, les modérateurs ne ressortent pas de ce travail indemne. Pour une rémunération moyenne de 25 000 euros par an, certains souffriraient de syndrome post-traumatiques. Sarah Katz, une jeune femme travaillant pour un sous-traitant de Facebook affirmait quant à elle passer en revue quelque 8000 posts par jour. Elle affirmait être désensibilisée aux images violentes qu’elle voyait parfois défiler sur son écran. La plupart n’a pas la même force de caractère. Beaucoup des entreprises qui ont recours à ces modérateurs proposent des psys au bureau, ou une salle de yoga.
En mai dernier, Facebook déclarait que les modérateurs étaient intervenus sur 3,4 millions de publications.