March 11, 2020
Municipales à Paris : un clivage gauche-droite

A cinq jours du premier tour des élections municipales, les sept principaux candidats à la mairie de Paris se sont affrontés, mardi soir, lors d’un second débat télévisé. Une opposition musclée entre Anne Hidalgo et Rachida Dati mettant Agnès Buzyn sur la touche.
Les candidats à la mairie de Paris montrent les crocs
Après s'être relativement préservées lors du premier débat télévisé, les sept principales têtes d'affiches à la mairie de la Capitale ont lâché leurs coups mardi soir à l'occasion du second et dernier débat avant le premier tour. Cinq jours avant un scrutin indécis, le maire socialiste sortant, Anne Hidalgo, a donc fait face à ses adversaires, Agnès Buzyn, Rachida Dati, Cédric Villani, David Belliard, Serge Federbusch et Danièle Simonnet. Un débat qui a repris les thèmes principaux de la campagne à savoir : logement, transports, sécurité et propreté. Sur le fond, rien de neuf... Anne Hidalgo et David Belliard, candidat écologiste et membre de la majorité municipale actuelle, ont mis en avant leur vision très verte de la Capitale, l'insoumise Danielle Simonnet a joué sa carte ouvertement sociale à tendance multiculturelle tandis que Rachida Dati, Agnès Buzyn et Serge Federbusch ont mis en avant leur credo sécurité/propreté.
En revanche sur la forme, les candidats ont passé la seconde et se sont montrés particulièrement virulents. Comme attendu, la confrontation s’est rapidement resserrée entre l'édile socialiste et le chef de file des Républicains, tous deux grands favoris des sondages. Anne Hidalgo a d'ailleurs été la première à dégainer interrogeant Rachida Dati sur le revenu moyen d'un couple parisien avec deux enfants. Une attaque frontale immédiatement balayée par l'ancien garde des sceaux qui a affirmé ne pas être l'élève du maire de Paris. Il n'en fallait pas plus pour que le maire du 7ème arrondissement enfile les gants et enchaîne les coups. En effet, tout au long de la soirée, Rachida Dati a fustigé le bilan désastreux d'Anne Hidalgo dénonçant « les méthodes radicales et les décisions imposées aux familles. Sur le sujet de la propreté, la candidate LR a également renvoyé sa rivale dans les cordes affirmant que 70% des Parisiens n’en peuvent plus de la mandature actuelle.
Une opposition dont Agnès Buzyn a été éloignée. En effet, malgré une bienveillance visible des journalistes tout au long de la soirée, la représentante LREM a été reléguée au second plan encaissant les attaques sans être capable de les rendre. Interrogée sur d'éventuelles alliances au second tour, l'ancien ministre de la Santé a martelé qu'il n'y aurait d'alliances que "sur la base d'un projet". Et la candidate LaREM de donner quitus à Cédric Villani et David Belliard sur des éléments spécifiques de leur programme. De quoi faire bondir Rachida Dati.
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Un premier coup et un second. Affirmant avoir pris des risques en quittant son ministère, Agnès Buzyn s'est une nouvelle fois attirée les foudres du maire du 7ème arrondissement. En effet, Rachida Dati a affirmé qu’elle aurait déjà «un poste de secours» prévu en cas de défaite. Une référence à une information du site La Lettre A, qui affirme que le nom de Buzyn circulerait pour remplacer le défenseur des droits, Jacques Toubon. L’ancien Garde des Sceaux avait également mis un point d’honneur à rappeler régulièrement le parachutage dans la campagne de la marcheuse pour appuyer sur son manque de connaissance des sujets parisiens.
De son côté, Serge Federbusch a emboîté le pas dénonçant des magouilles politiciennes. Tout au long de la soirée, le mathématicien et candidat dissident, Cédric Villani, a été au cœur de ces premières tentatives d'alliance. Il a d’ailleurs fait remarquer que Buzyn comme Hidalgo, qui se disputent ses électeurs et son soutien, le tiraient par la manche. Un candidat extrêmement courtisé alors que le premier tour n'a pas encore livré son verdict. Si le jeu des alliances a d'ores et déjà débuté, deux candidats ont refusé de s'y prêter. Serge Federbusch, investi par le RN, n’a d’ailleurs pas manqué de pointer la politique politicienne à laquelle on pouvait assister tout en fustigeant le bilan du maire en place.
Danielle Simonnet a de son côté fustigé l’appartenance d’Agnès Buzyn au parti présidentiel. Les attaques ont donc fusé mardi soir, avec de nombreux moments de cacophonie. Rachida Dati et Anne Hidalgo ont clairement établi le duel à venir pour briguer l'Hôtel de Ville, alors que les deux candidates sont toujours au coude-à-coude dans les derniers sondages d’opinions.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TVLibertés de ce soir