January 03, 2025
« On fait comment pour vivre ? » : A Lyon, la colère des habitants après la mise en place de la Zone à Faibles Émissions (ZFE) interdisant la circulation des véhicules Crit’Air 3

Depuis le 1er janvier, la mise en place de la Zone à Faibles Émissions (ZFE) dans la métropole lyonnaise, interdisant la circulation des véhicules Crit’Air 3, provoque une vive colère parmi les habitants. Pour beaucoup, cette mesure, imposée par la loi « climat et résilience », est vécue comme une injustice insupportable.
Jean-François, cuisinier en préretraite, qualifie la situation de « honteuse » et raconte les difficultés qu’il rencontre pour se déplacer sans voiture, notamment tard le soir. « On est abandonnés », déplore-t-il. Michel, un automobiliste, ironise sur l’achat de la vignette Crit’Air : « Pourquoi payer pour une voiture qu’on ne peut plus utiliser ? »
La colère monte aussi chez Tcheka, mère au foyer, qui vit dans le périmètre de la ZFE. Obligée de braver l’interdiction pour faire ses courses, elle fulmine : « Ce ne sont pas nos élus qui porteront mes packs d’eau et de lait dans le tramway ! » Pour elle, changer de véhicule est impossible financièrement, tout comme pour Florian, policier endetté, qui se cache dans des parkings souterrains pour éviter les amendes.
La fracture sociale est criante : les zones les plus pauvres, comme Vénissieux, sont les plus touchées, avec plus de 23 % de véhicules concernés, contre seulement 8 à 10 % dans les communes aisées. « On a l’impression que ce sont toujours les mêmes qui trinquent : les plus pauvres », résume Florian.
Malgré les critiques, nombreux sont ceux qui continueront à utiliser leurs voitures interdites, faute d’alternative réaliste. « On fait comment pour vivre ? », s’indigne Tcheka, qui redoute aussi l’impact sur les jeunes générations. « Ils vont rouler avec quoi ? » Une question qui résonne comme un cri d’alerte face à une mesure vécue comme brutale et déconnectée des réalités.
Le Figaro / Illustration : TVL