June 10, 2021
Procès Taha Bouhafs-Linda Kebbab : les antiracistes sont les racistes du XXIème siècle

Taha Bouhafs, le journaliste militant, était hier sur le banc des accusés. Toujours prompt à reprocher aux autres des faits de racisme ou de violence, il passait ce mercredi 9 juin devant le tribunal judiciaire de Paris, accusé d’avoir traité la policière Linda Kebbab d’ « arabe de service » sur Twitter.
Les faits remontent au 3 juin 2020. Invitée sur France Info, Linda Kebbab, policière et déléguée nationale du syndicat de police Unité SGP-FO, affirmait que que** l’affaire Adama Traoré** n’avait rien à voir avec la mort de George Floyd, un Afro-Américain décédé lors de son interpellation aux Etats-Unis, étouffé par un policier resté de longues minutes le genou appuyé sur son cou. Taha Bouhafs avait réagi sur son compte Twitter en qualifiant la policière d’ « Arabe de service », tweet supprimé quelques minutes plus tard. Un tweet supprimé mais qu’il assurait, sur Twitter également, « assumer totalement ».
https://twitter.com/T_Bouhafs/status/1268185636961431552?s=20
La longue audience, qui a duré près de dix heures, a été le reflet de la fracture sur la question de l’ « antiracisme ». D’un coté, les « antiracistes » autoproclamés, obsédés par la question de l’indigénisme, pour qui les insultes racistes sont acceptables quand cela les arrange. On se rappellera de Pépita, ancienne animatrice de** l’émission Pyramides** sur France 2. L’équipe de Quotidien lui avait consacré une émission le 30 mars 2021, s’offusquant du racisme supposé des autres animateurs à son encontre. La principale intéressée avait démenti ces accusations. Il n’en avait pas fallu plus pour qu’elle soit abreuvée d’injures sur les réseaux sociaux, traitée de « négresse de maison », de « Bounty » faisant « le jeu des Blancs ». Devant la 17ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, Maitre Arié Alimi, assurant la défense de Taha Bouhafs, a avancé que l’insulte proférée n’était pas raciste, car il faut un « rapport de domination » pour que l’on puisse parler de racisme. Traduction : seuls les « Blancs », forcément « dominants » et « colonialistes », sont racistes envers les « racisés », forcément « dominés » et « colonisés ». Le principe a le mérite d’être posé.
Sur le banc des accusés, le journaliste et « militant antiraciste » ; comme il aime se définir, Taha Bouhafs a donc reproché à Linda Kebbab de ne pas dénoncer le racisme « systémique » de la police française.
Soutenue par** la Licra**, portée partie civile, et défendue par Maître Thibault de Montbrial, Linda Kebbab a pris la parole, expliquant que le tweet du journaliste l’a « assignée », comme si elle « devait avoir un autre rôle en rapport avec [ses] origines ». Elle a par ailleurs souligné** ne pas avoir été victime de racisme dans la police**.
Miracle de l’ « antiracisme », ce sont aujourd’hui ceux qui se déclarent dans le camp du Bien qui passent leurs temps à renvoyer les autres à leurs origines ! Le procureur a requis 1 500€ d’amende à l’encontre de Taha Bouhafs. Le délibéré sera rendu le 28 septembre.