November 08, 2022
Qui aura faim ? Nous pourrions tout à fait réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Il suffit que de nombreuses personnes se dévouent pour en payer le prix…

En Europe, les lampadaires sont éteints. Les thermostats ont été baissés. Les gens sont invités à prendre des bains d’eau froide. Les réserves de bois de chauffage s’épuisent.
Et ce n’est que le début. Mais les Allemands peuvent se sentir bien ; ils « sauvent la planète » même s’ils tremblent.
Aux Etats-Unis, la hausse des prix de l’énergie n’a pas encore provoqué de crise. Mais le diesel est déjà en voie d’épuisement.
L’énergie, c’est de la nourriture ; la nourriture, c’est de l’énergie.
Lorsque vous mangez, vous consommez de l’énergie. L’énergie du soleil permet de produire des fruits, des céréales et des légumes. Ceux-ci sont donnés aux animaux pour ensuite produire de la viande.
Une question de rendement
Mais avant même qu’une seule pousse n’apparaisse dans un champ, l’énergie a déjà joué un rôle important : le sol a été labouré, généralement par des tracteurs géants alimentés au diesel… il a été ratissé… il a aussi souvent été traité avec des herbicides, des insecticides et des engrais, fabriqués, livrés et appliqués à l’aide de pétrole et de gaz.
Voyons les dernières nouvelles :
« Un fonds de Bill Gates a investi 50 millions de dollars dans une startup qui construit une raffinerie massive pour transformer de l’alcool en carburant pour avion. »
Où trouvent-ils cet alcool ? Dans le maïs et la canne à sucre, eux-mêmes produits et distribués par le diesel. Mais quel sentiment de satisfaction doit ressentir Bill Gates ! Il peut désormais voler au-dessus de la tête de millions de personnes désespérément pauvres, l’esprit tranquille. Son jet ne sera pas alimenté par des combustibles fossiles maléfiques, mais par la nourriture des personnes affamées qui se trouvent juste en dessous de lui.
Sans combustibles fossiles, le rendement des cultures s’effondre. En 1850, au Royaume-Uni, les récoltes d’avoine, d’orge et de blé atteignaient en moyenne 2 tonnes par acre. Aujourd’hui, elles sont trois fois plus importantes. Aux Etats-Unis, les rendements du maïs ont également augmenté et, depuis les années 1960, les rendements de betteraves à sucre et de pommes de terre ont presque doublé.
Il n’est pas nécessaire de faire des calculs compliqués. Les récoltes d’aujourd’hui, aux prix d’aujourd’hui, obtenues avec tous les intrants de combustibles fossiles dont l’on dispose, nourrissent (presque) 8 milliards de personnes.