July 24, 2019
Qui dirige la France ? focus sur la jeune garde macroniste au pouvoir

Si les arcanes du pouvoir ont toujours suscité un vif intérêt mélangé à de la suspicion du grand public, l’entourage de l’actuel président ne déroge pas à la règle et se compose notamment de jeunes loups dont le destin a été bouleversé en seulement une décennie.
Aux portes du pouvoir il y a un peu plus de dix ans et désormais au sommet de l’Etat !
C’est le fabuleux destin de la garde rapprochée du président Macron. Les jeunes proches collaborateurs de l’actuel président de la République ont en effet participé à l’aventure des primaires socialistes du côté de Dominique Strauss-Kahn en 2006 avant une petite traversée du désert et un retour discret mais efficace sur la scène politique, auprès de l’actuel président du temps de son passage par Bercy.
Cette équipée, nommée "la bande de la Planche" en référence à la rue où ils se retrouvaient pour tenter de lancer la candidature DSK, dans le septième arrondissement de la capitale, constitue ce que d’aucuns appelleraient "le premier cercle de la macronie", son canal historique, l’âge de ces personnages varie de 32 à 47 ans, en cela il convient d’affirmer que l’arrivée d’En Marche aura constitué un réel renouvellement générationnel à défaut d'avoir apporté un bouleversement idéologique.
Parmi cette joyeuse bande, on retrouve des ministres : Julien Denormandie à la ville et au logement, Cédric O, secrétaire d’Etat au Numérique, Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé ou encore la désormais célèbre Sibeth Ndiaye, secrétaire d’Etat auprès du premier ministre et porte-parole - très bavarde - du Gouvernement.
À ceux-ci s’ajoutent : Ismael Emelien, un conseiller passé par l’Elysée, Jean-Marie Girier, directeur de cabinet du président de l’Assemblée Nationale et Sylvain Fort qui écrivit un temps les discours présidentiels, et enfin Stanislas Guérini, patron officiel de La République En Marche et Benjamin Griveaux, candidat désigné officiellement par une commission pour ravir la capitale à Anne Hidalgo.
Au sein de l’équipée, des profils CSP+ déjà insérés dans le marché de l’emploi, ou encore à Sciences-Po ou HEC, avec un point commun : une certaine forme de rejet de l'ancienne version de la gauche socialiste et une attirance vers les milieux d’affaires. Comprendre : une gauche dite "moderne", comme celle que DSK avait essayé en vain de proposer aux militants du PS… probablement un peu tôt. Une gauche faite de capitalisme financier et de progressisme libéral-sociétal qui éclora finalement en 2017 avec la candidature d'E. Macron, bête hybride faite de la haute administration, d’un peu de banque, de François Hollande et de pas mal d’ambition…
Mais cette garde rapprochée du macronisme n’a pas toujours connu le succès qui est le sien aujourd’hui, du temps de leur épopée strauss-kahnienne, ils se cantonnaient à servir de petites mains… après l’échec Strauss-Kahn, certain poursuivront dans la « carrière » d’élu quand d’autres feront un passage dans le privé mais tous garderont contact et auront des occasions de se retrouver comme lors des universités d’été du PS à la Rochelle ou plus tragiquement à la faveur du décès de l’un d’entre eux, le plus âgé : Olivier Ferrand député socialiste mort en 2012 à l’âge de 42 ans.
Armés de patience, la bande de la Planche saura saisir l’opportunité Macron quand le fruit sera assez mûr, prêt à balayer un PS ringardisé et auquel il ne se sont jamais attaché et à une droite déboussolée sur laquelle ils n’ont jamais vraiment compté.
Leur retour sera progressif et varié selon les profils, certains pointeront rapidement le bout de leur nez sous François Hollande à travers des structures comme la très progressiste Fondation Jean Jaurès et échafaudent avec le futur président son plan d’attaque fou, futur président qui annonce sa candidature dix ans après l’échec Strauss-Kahn !
La campagne interne au groupe de fidèles aura débuté un an plus tôt avec Benjamin Griveaux et Stanislas Guérini à la manœuvre… très vite cette start-up politique faite de marketing moderne prend forme… son ascension ne s’arrêtera plus et les ralliements ne cesseront pas !
Mais la garde rapprochée susciterait de nombreuses jalousies dans l’entourage présidentiel, ces jeunes loups, très parisien et qui bénéficieraient que de peu de relais sur le territoire n’ont, selon leurs détracteurs, aucune colonne vertébrale idéologique… une absence de structure idéologique qui n’empêche pas de réussir dans une arène politique où la communication a plus que jamais pris le dessus sur les idées.
Face à eux, pas grand-chose, si ce n’est des électrons libre venus de droite et aux réseaux peu utile dans la sphère Macron ou encore des éléments de gauches qui peinent à jouer des coudes après la déroute socialiste. Un groupe a cependant émergé de ce côté : "la bande de Poitiers", des anciens du MJS et de l’UNEF, élus députés LREM, qui souhaiteraient peser plus dans la majorité… ces derniers ont tenté un coup de force en novembre 2018 pour ravir la délégation générale du parti présidentiel…. Mais le réseau des jeunes loups de la première heure, Griveaux en tête, s’est interposé et a défendu la candidature Guérini qui l’a finalement emporté.
Reste à savoir jusqu’où iront ces champions du macronisme ? Déjà largement rassasiés dans leur désir de pouvoir, difficile de savoir comment évoluera la meute après 2022… car la bande de la Planche a toujours un coup d’avance et prépare déjà le prochain scrutin présidentiel… un coup d’avance au service du patron, mais jusqu’à quand ? Parmi les jeunes loups, le candidat à la mairie de Paris serait le plus ambitieux et envisagerait même un avenir présentiel pour lequel la mairie de Paris pourrait s’avérer un bon tremplin...
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir