October 11, 2019
Rejet de Sylvie Goulard (LREM) par le Parlement européen : Emmanuel Macron humilié

Le président européiste Emmanuel Macron a vu sa protégée Sylvie Goulard se faire recaler du poste de commissaire européen. Vexé comme jamais, le pensionnaire de l’Elysée essuie un nouvel échec.
Emmanuel Macron humilié par Bruxelles
*"Ce qui m’importe c’est le portefeuille". *Voilà en quelques mots le résumé de la « pensée complexe » du président de la république ! Et même si cet extrait risque de devenir culte, ne tombons pas pas dans la manipulation et regardons la suite du propos !
Vous l’aurez compris, il s’agissait du portefeuille de commissaire européen promis à la petite protégée du président de la république Sylvie Goulard… Pour résumer, Emmanuel Macron voulait placer ce bon soldat centriste à Bruxelles. Problème : Sylvie Goulard avait des casseroles ! En l’occurrence, celle-ci traîne de vilaines affaires d’emplois fictifs, de cumul d’activité ainsi que des liens présumés avec des lobbies. Avec 82 voix contre et seulement 29 pour, le rejet de cet ancien député européen éphémère ministre des armées est net.
Ce n’est donc pas Sylvie Goulard, qui fut aussi, moins de deux ans, second sous-gouverneur de la Banque de France, qui prendra le portefeuille couvrant le Marché Intérieur, l’Industrie, la Défense, l’Espace, le Numérique et la culture… En prenant le risque de présenter sa candidate controversée, Emmanuel Macron n’a pas seulement provoqué son propre échec, il a entraîné celui de la France qui se voit affaiblie à Bruxelles.
Concernant son obsession à nommer Sylvie Goulard en dépit de ses antécédents, une explication pourrait venir d’intérêts communs… on pense notamment à Nicolas Berggruen, lobbyiste étasunien qui, à en croire Wikileaks, rémunéra grassement Sylvie Goulard et en même temps finança la campagne d'Emmanuel Macron en 2017.
Le président français est à présent remonté comme un coucou contre la présidente de la Commission européenne, la belge Ursula von der Leyen ! Un épisode qui rappelle au président que le groupe auquel appartient - La République En Marche - à Bruxelles ne fait pas la pluie et le beau temps, en effet, Renew est le 3ème groupe derrière le PPE et les Sociaux-Démocrates… décidément le Monde d’Avant a bien du mal à laisser la place… le jeu bruxellois paraît d’ailleurs plus complexe que l’échiquier politique français. En effet, s’il est possible pour Emmanuel Macron de faire s’opposer deux camps plus ou moins superficiellement conservateurs et progressiste pour les scrutins nationaux, la politique à Bruxelles est plus compliquée puisque même son homologue U. von der Leyen, qu’il soutenait, était aussi soutenu par Viktor Orban et les nationalistes polonais… les nuances du jeu européen où se mêlent intérêts territoriaux, intérêts économiques, rivalités historiques et idéologiques ne répondent pas à la seule opposition progressiste/conservateur.
L’arrogance présidentielle semble d’ailleurs avoir agacé dans les rangs du PPE. En effet, un communiqué mal finalisé de la droite européenne a laissé filtrer une phrase peu courtoise concernant Sylvie Goulard, un message attribué au directeur de la communication du parti sur lequel on peut lire* « Les gars on va la tuer lors du prochain vote mais d’ici là… » -*comprendre d’ici là pas un bruit.
A la peine au niveau international alors qu’il se voyait en médiateur entre Washington et Téhéran… à la peine à Bruxelles alors qu’il est le premier de l’Union Européenne… Emmanuel Macron mange son pain noir et pourra toujours se consoler en renforçant son pouvoir en France, terrain de jeu politique qui semble plus à son niveau et dans laquelle il fait face à une opposition incapable de lui faire de l’ombre.