July 24, 2020
Réservé aux abonnés L’impitoyable descente aux enfers du Liban

Minée par la banqueroute et une hausse vertigineuse des prix, son État sur le point de faillir, la petite nation sombre.
Avec son drapeau libanais, son voile rouge et blanc aux couleurs du Liban, et son masque frappé d’un cèdre, Mina est l’une des dernières irréductibles manifestantes libanaises à battre le pavé place des Martyrs à Beyrouth. Sur sa pancarte, elle avait écrit, vendredi dernier, le cri du cœur qui a jailli de la bouche des Libanais en octobre, lorsqu’ils sont descendus dans la rue par centaines de milliers pour hurler leur colère contre leurs dirigeants qui ont ruiné le pays: «Tous, veut dire tous.» Tous les hommes politiques doivent partir, sans exception. «Il y a tellement de faim, de pauvreté. L’eau et l’électricité ne marchent pas. Rien ne marche. Nous sommes en dessous de zéro. On a reculé d’un siècle», s’énerve Mina.