October 05, 2021
Royaume Uni : Boris Johnson sur la sellette

**Après le joli coup des sous-marins à l’Australie, partagé avec les USA, Boris Johnson se retrouve face aux réalités du quotidien des britanniques. L’envolée du prix de l’énergie, notamment du gaz, et la pénurie simultanée de carburant qui paralyse l’Angleterre font partie des défis à relever et qui risquent d’engendrer un hiver morose pour le premier ministre. **
D’autant que la Conférence annuelle du Parti Conservateur se tient actuellement à Manchester et que "Bojo" voulait se servir de ce congrès pour tourner la page de la pandémie et donner une nouvelle impulsion à son mandat. Mais la vision d’interminables files de voitures devant les stations-services à sec est fâcheuse.
Dépendante de l’étranger pour son gaz, dont le prix s’envole, l’Angleterre paie le prix fort. Les petits distributeurs font faillite les uns après les autres et les factures de gaz et d’électricité s’alourdissent. Les problèmes de distribution d’essence aux stations liés à la pénurie de chauffeurs ne font que noircir le tableau. Enfin le manque de chauffeurs se ressent également dans l’approvisionnement des supermarchés et certains produits sont d’ores et déjà en rupture, ce qui ne rassure pas la population. Les professionnels ont averti que des volailles et 120 000 porcs pourraient devoir être abattus et incinérés, faute de bras.
Plus de dix mille visas provisoires ont été proposés, notamment aux chauffeurs européens, et il semble que le gouvernement se voie dans l’obligation d’ouvrir les vannes migratoires provisoirement afin de laisser entrer au Royaume Uni un millier de bouchers, même si, le reconnaît Boris Johnson, “les gens ne veulent plus d’immigration”.
La conjonction du covid et du Brexit a semble-t-il eu des effets néfastes et difficiles à enrayer sur le moment. Le premier ministre a averti ne plus vouloir “tabler sur l’immigration, une faible qualification et de bas salaires” mais il veut au contraire “prendre le temps de former des employés britanniques, notamment dans le transport,qui viendront prendre la place des immigrés repartis à la suite des nouvelles lois les concernant”.
A première vue, une perspective de temps long qui ferait renouer le Royaume-Uni avec la pérennité de l’emploi et une plus grande qualification.En espérant que le peuple britannique saura attendre.
C.H