February 07, 2020
Scandales sexuels dans le patinage: plusieurs sportives brisent la glace

Une nouvelle affaire de harcèlement sexuel entache le sport français. Et cette fois-ci c’est du côté du patinage… comme toujours? c’est une séquence de grand déballage qui est débute sans que tous les responsables soient montrés du doigt.
Après l’affaire Matzneff, le grand déballage se poursuit… mais cette fois dans le milieu du sport. En cause : une enquête publiée fin janvier par le journal L’Equipe sur les violences sexuelles dans les années 70 et 80 dans le milieu du patinage artistique ainsi que dans la natation. De nombreux témoignages de sportives étayaient le propos parmi lesquelles celui d’Hélène Godard, ancienne espoir du patinage français avec son entraîneur de l’époque, Gilles Beyer, qui aurait eu deux relations sexuelles avec elle alors qu’elle n’avait que 14 puis 15 ans.
24 heures après publication de cette enquête sortait en librairie le livre témoignage d’une ancienne championne du patin à glace de nationalité française, Sarah Abitbol, qui met en cause le même entraîneur. Elle affirme ainsi avoir été violée alors qu’elle n’avait que 15 ans.
Gilles Beyer se trouve par ailleurs être un proche du président de la fédération des sports de glace, Didier Gailhaguet, qui refuse de démissionner comme lui a demandé le ministre des sports, Roxana Maracineanu. Une attitude qui a suscité de vives critiques mais qui peut se comprendre car si ce personnage n’a rien à se reprocher, une démission reviendrait à un aveu de culpabilité. Le problème dans son cas semble être le nombre important de personnalités de ce sport qui affirment qu’il était au courant… cependant, il serait bon de souligner que ces mêmes personnes n’étaient pas non plus parties en guerre pour dénoncer le potentiel prédateur sexuel et celui qui l’aurait couvert.
Une fois de plus dans ces affaires glauques, la chasse aux sorcières n’est pas forcément une mauvaise chose mais des bonnes questions ne sont pas posées : en premier lieu ceux qui disent que « tout le monde savait », ne pouvaient-ils pas agir ? Quelle est la responsabilité des parents qui abandonnent leurs enfants à des éducateurs bénéficiant d’une vilaine réputation ? Quelle responsabilité pour la classe politique et médiatique qui, comme dans le cas de Matzneff a longtemps couvert des agissements à caractère pédocriminel ? On pense notamment au journal Libération qui a hébergé un journaliste pédocriminel en son sein, et dont ses collègues connaissaient les pratiques… une presse qui donne aujourd’hui des leçons de morale sur les violences faites aux femmes… mais qui hier employait des violeurs d’enfants.
Depuis les révélations de la première patineuse, les témoignages s’enchaînent et l’agitation médiatique bat son plein. Le président du club de football d’Angers est accusé de harcèlement sexuel mais, point important, cette affaire-ci n’implique pas des mineurs… le harcèlement sexuel et les affaires glauques reviennent ainsi une nouvelle fois en une de l’actualité. Un bouillonnement médiatique dans lequel peuvent se mélanger vraies affaires et règlements de comptes bien opportuns.
Une chose est sûre : les pétitions en tout genre et autres MeeToo vont une nouvelle fois être mis à l’honneur dans de nombreux médias… des démarches vaines si un véritable inventaire des responsabilités de ces pratiques déviantes n’est pas opéré… une démarche qui reviendrait à faire le procès de la libération sexuelle et des dites élites politiques et médiatiques.