Secret de la confession : que dit la loi française ?
Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort s’entretenait mardi 12 octobre avec le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin.
Les propos de Mgr de Moulins, disant que le secret de la confession ”s’ imposait à tous les prêtres et était plus fort que les lois de la république” n’ont pas plu au ministre.
Pourtant, la Cour de cassation reconnaît ce secret comme faisant partie du “secret professionnel”, au même titre que celui des médecins ou des avocats,
Le secret professionnel des médecins et des avocats est toutefois soumis à des exceptions qui pourraient bien devoir s’appliquer également aux prêtres. L’article 434-1 du code pénal dit en effet que “quiconque aurait connaissance d’un crime dont il serait encore temps d’arrêter les effets“ doit en informer les autorités sous peine d’amende et d’emprisonnement.
Il faut néanmoins considérer que la vertu du secret est de laisser se libérer la parole, laquelle se verra contenue dans le cas où le secret viendrait à pouvoir être divulgué.
Par ailleurs rien n’interdit à un prêtre, dans le cas d’un aveu de pédophilie par exemple, de mener une stratégie intelligente et subtile afin de parvenir à écarter un individu dangereux.
L’ensemble de l’ Eglise étant aujourd’hui extrêmement sensibilisé à ces questions, les demi-mots ou allusions devraient, sans trahir le secret, permettre d’aboutir à un résultat de sauvegarde, surtout après avoir recueilli l’assentiment du dépositaire de la confession.
Pour celà le confesseur se devrait d’être, non seulement oreille attentive, mais aussi une sorte de médecin-justicier.