February 16, 2023
Sergueï Lavrov juge «lamentable» le comportement de l'Union européenne concernant les médias russes RT et Sputnik

Le Kremlin n'apprécie guère la censure européenne
Le 15 février, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est exprimé lors d'une conférence de presse face aux médias étrangers. Dans son discours, il a évoqué la «censure» des médias russes RT et Sputnik au sein de l'Union européenne.
Le chef de la diplomatie russe est en effet revenu sur la situation «lamentable» de ces deux médias au sein de l'Union européenne. «Je tiens d'ailleurs à préciser que RT et Sputnik ont fait l'objet d'une censure et d'une discrimination qui ne sont pas du tout liées à l'opération militaire spéciale» lancée en Ukraine en février 2022, a-t-il expliqué. Sergueï Lavrov a par ailleurs rappelé qu'en 2017, par «la voix même du président Macron», les deux médias n'avaient pas été accrédités après avoir été accusés par le chef d'Etat d'être des outils «de propagande russe».
🗣️ 🔴 Pour Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, "la suppression des médias russophones contredit de façon très brutale les obligations que les pays occidentaux se sont engagés à respecter"
📺 En direct sur #La26 pic.twitter.com/SXGt0asU9b
— LCI (@LCI) February 15, 2023
Près d'un an de censure
Pour rappel, peu après le déclenchement de l'opération militaire russe en Ukraine fin février 2022, la Commission européenne avait invoqué la nécessité de couper tous les canaux de diffusion (satellite, Web et réseaux sociaux) en Europe de «la machine médiatique du Kremlin» représentée, selon elle, par RT et Sputnik. Or, l'UE n'a pas été en mesure, pour appuyer cette décision, de citer la moindre fake news dont se seraient rendus coupables ces médias. Et pour cause : la chaîne RT France n'a jamais été sanctionnée par le régulateur français des médias, l’Arcom (ex-CSA).
Par la suite, en décembre 2022, l'UE a adopté un paquet de sanctions contre la Russie visant notamment la maison-mère de RT France, TV-Novosti. Le mois suivant, le Trésor public français a invoqué ces sanctions pour justifier un gel des comptes de RT France, compromettant la poursuite de l'activité journalistique de l'entreprise.