May 03, 2019
Seulement 9% de la population mondiale vit dans un État où la liberté de la presse est jugée "satisfaisante"

L'ONG Reporters Sans Frontières (RSF) estime que seulement 9% de la population mondiale vit dans un pays où la liberté de la presse est jugée satisfaisante. L'organisation a publié son classement mondial de la liberté de la presse 2019 à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, ce vendredi 3 mai.
Ces résultats particulièrement bas s'expliquent notamment par le poids démographique de certains pays, comme la Chine, qui se trouvent tout en bas du classement, précise l'ONG.
74% de la population mondiale vit actuellement dans un pays où la situation est jugée difficile ou très grave par Reporters Sans Frontières. Si l'on ajoute les chiffes des États où la liberté de la presse connaît des "problèmes significatifs", on obtient alors 91% de la population mondiale.
La France à la 32e place (33e en 2018)
Concernant la France, l'ONG observe une "Une haine croissante contre les journalistes".
**RSF **: *"L’année 2018 a vu le nombre des attaques et des pressions contre les médias d’information et contre les journalistes croître dangereusement. Insultés, menacés, agressés, voire blessés par des manifestants ou par les balles de défense des forces de l’ordre, des journalistes ont été confrontés pendant le mouvement des Gilets jaunes en novembre 2018 à un niveau de violence inédit en France. Mécontents de la couverture du mouvement, certains groupes de Gilets jaunes ont cherché à bloquer des imprimeries pour empêcher la distribution de médias. * *Adoptée en juin 2018, la loi sur le secret des affaires a prévu une exception journalistique. Néanmoins, dans l'enquête des "Implants files", des journalistes se sont vus refuser l'accès à des documents. Le groupe Bolloré a multiplié les procédures judiciaires abusives, dites « procédures bâillons » - quitte à les abandonner en cours de route - et en a fait une mesure de rétorsion automatique contre les journalistes d'investigation dès lors qu'étaient évoquées publiquement certaines de ses activités. * *Si la critique des médias est toujours légitime, elle a parfois été supplantée par la mise en cause haineuse du travail des médias d’information (mediabashing) de la part de personnalités politiques. En témoignent les propos irresponsables tenus à plusieurs reprises par le leader de la France insoumise à l’égard des journalistes. En France aussi, les journalistes n’échappent pas au harcèlement en ligne et deviennent une cible privilégiée des trolls en tout genre dissimulés derrière leurs écrans et leurs pseudos. * Pour lutter contre la désinformation massive et délibérée en période électorale, le gouvernement a fait voter une loi sur les « manipulations de l'information ». Certains mécanismes comme le référé judiciaire ont été largement critiqués car extrêmement difficiles à mettre en pratique, et le cas échéant contre-productifs."
Il eût été intéressant que RSF analyse les raisons de cette flambée de haine anti-journalistique en France, peut-être par exemple en notant le parti pris ou la qualité de l'information relayée par certains médias depuis le début de la crise des Gilets jaunes... pour ne citer personne !