Simon Roche (Suidlanders) : « Nous nous attendons à une guerre civile en Afrique du Sud »
Nous reprenons ici une interview de Simon Roche, représentant de Suidlanders.org, qui décrit la situation actuelle en Afrique du Sud. Ses révélations ont de quoi interroger : "Nous nous attendons à une guerre civile en Afrique du Sud". Entretien réalisé par .
Simon Roche (Suidlanders) : « Nous nous attendons à une guerre civile en Afrique du Sud »
BREIZH INFO - Que représente votre organisation désormais en Afrique du Sud ?
Simon Roche (Suidlanders) : Je représente Suidlanders — suidlanders.org — qui est une organisation de protection civile constituée en vertu des dispositions des Protocoles additionnels de 1977 aux Conventions de Genève de 1949 qui prévoient expressément que les groupes ethniques identifiables doivent se préparer à agir pour protéger le bien-être des civils en cas de conflit armé qui menace ces civils. Comme vous l’imaginez probablement vous-même, nous nous attendons à une guerre civile en Afrique du Sud.
Une guerre civile qui, inévitablement, se déroulera notamment via des critères ethniques, raciaux.
Nous sommes en juillet 2019. Quelle est la situation actuelle en Afrique du Sud ?
Simon Roche (Suidlanders) : La situation en Afrique du Sud n’est pas bonne et elle s’aggrave. Notre fournisseur national d’électricité est en faillite, ce qui a entraîné de longues pannes de courant au cours des dernières années. Les 44 stations de pompage d’eau qui fournissent de l’eau à la province de Gauteng (12 % du PIB de l’Afrique) sont toutes détruites.
Il y a exactement dix ans, notre monnaie valait 1/6 d’un dollar des États-Unis ; aujourd’hui, elle vaut 1/15e. La valeur de TOUTES les terres agricoles du pays a chuté de 32 % (ce chiffre a été vérifié par notre parlement) en seulement 5,5 mois après que le président ait annoncé que le gouvernement allait commencer à exproprier les propriétés des Blancs sans compensation.
Qu’il s’agisse d’éducation, de santé, d’administration gouvernementale, de logement, d’assainissement, etc., il en va de même.
Il semblerait que les meurtres et les viols augmentent, contre les blancs dans votre pays, est-ce vrai ?
Simon Roche (Suidlanders) : Oui, c’est vrai, surtout les attaques sur les fermes parce qu’elles sont éloignées et vulnérables. Il y a eu une recrudescence soudaine des attaques et des meurtres dans les exploitations agricoles depuis le lendemain de nos élections nationales du 8 mai de cette année. Mais la situation était mauvaise bien avant. Et cela même si le gouvernement refuse de publier des statistiques sur les meurtres de fermiers.
Selon l’Institut d’études de sécurité, le taux est de 145 meurtres pour 100 000 fermiers. Afriforum, une organisation d’activistes et de lobbyistes, dit qu’il y en a environ 130 pour 100 000. Le Dr Gregory Stanton de World Genocide Watch affirme qu’il s’agit de 120 pour 100 000. À titre de comparaison, le taux d’assassinats en France est de 1,35 pour 100 000 ; et le taux national d’assassinats en Afrique du Sud est de 35,9.
Je ne suis pas un fermier, mais on m’a déjà tiré deux fois dessus. Il y a quelques années, mon père a été contraint de s’agenouiller, prêt à être exécuté à l’occasion d’un vol de voiture, mais le pistolet s’est enrayé et les agresseurs sont montés dans sa voiture et sont partis, Dieu merci. En 2013, mon fils de douze ans a été violemment agressé alors qu’il rentrait de l’école ; la mère de mes enfants a été victime d’une double effraction et sa voiture a été dérobée deux fois. Tout cela uniquement dans ma famille proche. Pouvez-vous imaginer cela ?