July 12, 2022
Sri-Lanka : la cause occultée de la crise économique et politique

Les images des manifestations sri-lankaises ont fait le tour du globe. Face à la hausse des prix des produits de première nécessité (54,6% d’inflation) et les pénuries de nourriture et d’essence, les habitants de l’île ont été contraints à multiplier les démonstrations de force dans la rue. Le président du Sri-Lanka, quant à lui, n’a pas eu d’autre choix que de prendre la fuite et annoncer sa démission à venir suite à l’invasion par la foule du palais présidentiel qu’il occupait. Marine Le Pen fustigeait, dès le 10 juillet, "l’écologie punitive" qui serait source de "grands désordres dans le monde". La révolution sri-lankaise serait même "la conséquence de la volonté exprimée du Sri-Lanka de faire du 100% biologique sur le plan de l’agriculture", "un désastre total entraînant un peuple entier dans la misère" précisait-t-elle sur le plateau de BFM TV. Une hypothèse bien vite écartée par TF1 Verif’, l’organe de "fact-checking" de TF1 Info. Selon leur article du 11 juillet, Marine Le Pen use d’un "raccourci mensonger", puisque le 100% Bio ne serait qu’une "conséquence de la crise économique […] Pas une cause."
Pourtant, cette théorie n’est ni nouvelle, ni fumeuse. Un article de France Info faisait déjà état, le 13 janvier, de paysans se trouvant confrontés à "des terres où plus rien ne poussait" ce qui les aurait poussés à manifester. Le papier attribue également les baisses de production, les pénuries et la flambée des prix au manque d’engrais organiques indispensables à l’entretien de certaines cultures.
Une opinion partagée par Les Échos le 17 mai, selon qui "le fiasco du 100% bio" aurait contribué davantage à la "destruction de l’économie". Il est cependant intéressant de constater que la catastrophe de l’agriculture 100% biologique est aujourd’hui amplement minorée par les médias français. L’effondrement du tourisme dans l’île (suite aux attentats de 2019 et à la crise covid) et la corruption du gouvernement sont évidemment des facteurs importants de la crise. Sont-elles les seules explications pour autant ? Les images de l’occupation du palais présidentiel et de la résidence du premier ministre au Sri-Lankais entreront certainement dans les annales. Nous nous souviendrons, pour notre part, de la malhonnêteté de certains articles de presse et reportages français.
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