July 15, 2022
Telford (Angleterre) : Plus de 1000 victimes mineures de viols aux mains de gangs pakistanais depuis les années 90, une estimation “mesurée” selon un nouveau rapport indépendant

The Mirror publiait en mars 2018 une enquête journalistique de 18 mois affirmant que plus d’un millier de fillettes britanniques avaient été enlevées, droguées puis violées (parfois à des centaines de reprises) par des gangs pakistanais depuis les années 1970 dans la ville de Telford. Le scandale, comme celui de Rotherham, avait bouleversé l’île. Un nouveau rapport indépendant, publié en début de semaine, confirme les faits exposés par The Mirror. L’estimation du journal (en 2018) de 1 000 victimes depuis les années 1990 serait “parfaitement mesurée et raisonnable” selon cette nouvelle étude.
Samantha Smith, journaliste conservatrice britannique et elle-même victime d’un gang de Telford quand elle était jeune, témoignait à la télévision britannique vendredi dernier. Selon elle, ces enlèvements et viols à répétition à Telford sont loin d’être terminés et ont toujours lieu à l’heure où nous parlons. La police n’a pas manqué de lui rendre visite à son domicile afin de l’intimider et lui demander des explications : “Hier, la police a frappé à ma porte. [...] Ils ont essayé [les policiers] de me faire sentir comme une criminelle pour avoir parlé.” raconte-t-elle sur Twitter le surlendemain de son interview télévisée. Un internaute lui demande “Pourquoi la police vous interrogeait-elle ?”. Elle paraphrase alors les policiers : “Quand vous vous rendez sur GB News pour dire que des crimes sexuels ont toujours lieu à Telford, c’est notre devoir de vous parler”.
L’origine ethnique des tortionnaires (pakistanaise) officiant dans ces “maisons du viol” n’est plus un secret. Il n’en demeure pas moins un tabou qui paralyse la société britannique. Ces exactions commises par des gangs de pakistanais, à Telford et partout ailleurs dans le pays (Huddersfield, Rotherham, Manchester etc.), étaient connues de la police locale, du conseil municipal, des services sociaux, des voisins et même des écoles. Tous savaient, mais n’ont rien dit par “peur de paraître racistes”. La police, mise au courant des faits par les services sociaux au début des années 1990, a mis plus de dix ans à lancer une enquête qui n’a finalement pas abouti. Le conseil municipal et la police considéraient ces victimes mineures et kidnappées comme de “simples prostituées” aux mœurs dissolues. Pire encore, la police aurait intimidé certaines victimes afin de les décourager de témoigner auprès de la presse.