September 04, 2019
Trafic de drogue : la révolte des parents d’élèves en Seine-Saint-Denis

Des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis se dressent contre le trafic de drogue qui pullule dans leur cité et jusque dans les cours d’école. Face à ce phénomène, le gouvernement gesticule mais ne mènera pas de politique de lutte contre les dealers, de peur de voir les banlieues s’embraser.
Une chaîne humaine pour dénoncer le trafic de drogue
C’est une scène quotidienne qui peut être observée à Saint-Denis devant les portes du groupe scolaire Victor Hugo. Une mobilisation récurrente qui permet de formaliser l’hostilité des parents d’élèves au règne des trafiquants dans leur quartier et jusque dans les écoles. En effet, en mai dernier, des dealers commerçaient même dans la cour d’un établissement de la ville... ainsi, quotidiennement, des dizaines de parents se retrouvent pour dire stop au trafic… ces derniers sont conscients du caractère symbolique et donc limité de leur action.
Des parents qui veulent avant tout protéger leurs enfants des dangers de la drogue
De tells rassemblements avaient déjà eu lieu avant les vacances d’été et ont repris de plus belle avec la rentrée scolaire, témoignant ainsi de la détermination des parents d’élèves.
Le groupe scolaire Victor Hugo de Saint-Denis, placé entre les cités Gabriel-Péri et Delaunay-Belleville, est au milieu de deux des plus importants centres de trafic de drogue du département de Seine-Saint-Denis. La mairie communiste de la ville, elle, a compris son intérêt électoral dans l’affaire et soutien le mouvement. Exit donc le laxisme habituel et place, même, dès ce mois de septembre, à la venue d’une vingtaine de fonctionnaires de police supplémentaires. Une arrivée de policiers rendue possible par la mise en place du dispositif dit de QPR « Quartier de Reconquête Républicaine », créée en 2018 par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.
Mais il n’y a pas que les autorités locales qui montrent des signes de compréhension auprès de la population. Période électorale oblige, le préfet se fait le relais de l’exécutif et a même reçu une délégation de parents d’élèves… parents qui réclament des mesures de sécurité mais aussi plus de moyens pour l’éducation et la santé notamment. Les enchères vont donc monter avec les élections locales de 2020.Et le bilan d’Emmanuel Macron en la matière est particulièrement mauvais. Après des annonces musclées, notamment en mai 2018 quand il parlait d’embrasement des banlieues et d’organisations internationales du crime à combattre… le président et ses équipes sont depuis tout à fait inactifs, trop occupés à défendre telle communauté ou à préparer telle autre élection. Le ministère de l’Intérieur plancherait actuellement sur un plan de lutte contre le trafic de drogue quand celui de la Justice aurait déjà proposé un panel de petites réformes en la matière.
Des gesticulations gouvernementales en la matière devraient ainsi avoir cours dans les mois à venir mais aucun changement radical n’aura lieu durant le quinquennat. Et pour cause, s’attaquer frontalement au trafic de drogue revient à envisager un affrontement direct avec les banlieues dont ce trafic constitue un moteur économique. Un affrontement dont le président et le gouvernement ne veulent certainement pas !