October 02, 2021
Tunisie: une femme chef du gouvernement

“C’est un coup de génie”, diront certains. Le président de la république tunisienne vient en effet de nommer une femme Najla Bouden Romdhane, docteur en géologie de formation, experte des questions pétrolières et diplomée de l’Ecole des Mines de Paris, en tant que premier ministre.
C’est une grande première dans les pays du monde arabe mais il y a toutefois un bémol. Le président Kaïs Saïed, connu pour être malgré tout très conservateur, n’a pas choisi cette femme au hasard ou en fonction de critères d’équilibre politique, mais bien parce qu’elle lui est absolument fidèle d’une part, et totalement inconnue d’autre part, ce qui laisse supposer qu’elle est aussi totalement absente des affaires de corruption auxquelles ce pays est confronté depuis longtemps.
Enfin, et surtout, le président a pris soin de modifier au préalable l’étendue des attributions de premier ministre, se réservant la direction totale de l’exécutif.
Il n’était pas question pour Kaïs Saïed de “choisir quelqu’un qui tenterait de discuter son autorité”, ainsi que le souligne Selim Kharrat, membre de l’ONG Al-Bawsala.
Après son coup de force du 25 juillet dernier, où le président avait suspendu le Parlement et limogé le gouvernement, cette nomination a également tout d’un ”coup de communication” destiné à lisser son image.
Les pays occidentaux attendaient, eux, un gouvernement tourné vers l’économie, point faible jusque là d’une Tunisie en pleine crise, et talon d’Achille d’un président qui, par ailleurs, espère, depuis le 25 juillet, la reprise des négociations avec le FMI, pour un prêt à son pays.
Par ce choix de premier ministre, le président a montré qu’il avait d’autres priorités et que la Tunisie ne se laissait pas dicter ses choix gouvernementaux par les pays occidentaux.
C.H