December 04, 2019
Uber en pleine sortie de route : de nombreuses jeunes femmes dénoncent les agressions qu'elles subissent de la part de certains chauffeurs

Depuis plusieurs jours, le hashtag "Uber c'est over" fleurit sur les réseaux sociaux. A travers celui-ci, de nombreuses jeunes femmes dénoncent les agressions qu'elles subissent de la part de certains chauffeurs employés par le géant américain. Des appels au boycott ont été lancés alors que la société est accusée d'avoir passé ces témoignages sous silence.
Uber roule sur un os
Installée en France depuis plusieurs années, la plateforme mettant en relation des particuliers avec des chauffeurs est au cœur d'une crise sans précédent. En effet, depuis plusieurs jours, un #UberCestover", comprendre "Uber c'est fini", a émergé sur les réseaux sociaux. Reprenant les codes des phénomènes #Metoo et #Balancetonporc , il vise à dénoncer les agressions, notamment sexuelles, que certaines clientes subissent de la part chauffeurs portant l’étiquette Uber. Cette vague de témoignages a été lancée après l’agression dont une étudiante dit avoir été victime à Strasbourg. Dans son récit, elle explique que le chauffeur a posé sa main sur la sienne avant de lui toucher la cuisse. Dans cette droite lignée, de nombreux messages de ce type ont fleuri. En tout, près de 150 témoignages d’abus de chauffeurs de VTC auraient été signalés .
Plus grave encore, plusieurs victimes ont également déposé des témoignages sur la page Instagram d’Uber… des commentaires que l’entreprise a supprimés. Plaidant une regrettable erreur, Uber s'est excusé pour "ce manque de discernement" et a tenté de rassurer ses utilisateurs en déclarant que leur sécurité était une priorité.
Face aux appels au boycott, la branche française du géant américain a indiqué revoir chaque année les permis de conduire et les cartes VTC de l’ensemble des chauffeurs inscrits dans sa base de données. Une affirmation immédiatement contredite par certains chauffeurs qui ont expliqué n'avoir jamais fourni quelconques justificatifs depuis leur embauche...
Depuis le lancement d'Uber en France, l'entreprise a vu son nombre de chauffeurs se multiplier pour répondre à la demande. De nouveaux chauffeurs souvent venus de banlieues, attirés par l'appât du gain et pas vraiment qualifiés pour exercer ce métier.
Ainsi, les codes de la fonction sont régulièrement transgressés. Familiarité et tutoiement sont presque devenus d'usage. Outre cette évolution, les locations de compte sont devenues plus nombreuses après le durcissement des examens pour devenir VTC. Sur certaines plateformes numériques, il n'est pas rare de trouver des offres de location de comptes détenus par des personnes disposant d’une carte VTC entraînant un grand flou sur le nombre réel et l’identité des chauffeurs de véhicules câblés à l’application Uber. Plusieurs jeunes femmes se sont ainsi inquiétées d’avoir déjà été prises en charge par un véhicule ou un chauffeur qui ne correspond pas à celui indiqué sur l’application. C'est d'ailleurs le cas de l'une des victimes présumées. Après un test ADN, l'agresseur s'est révélé être le frère du détenteur de la carte. Un individu déjà condamné à 7 reprises dont une fois à de la prison pour des violences à l’encontre de sa compagne.