May 23, 2019
Violences policières : des experts de l'ONU regrettent le «déni de réalité» de la France

Une réunion informelle s’est tenue à Paris mercredi 22 mai entre deux rapporteurs de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et des représentants de la société civile, parmi lesquels Elie Lambert, secrétaire national du syndicat Solidaires, a rapporté France Bleu. Ce rendez-vous faisait suite à la lettre d’allégations adressée par l’Onu à la France en février et avait pour objectif de faire le point sur d'éventuelles atteintes aux libertés fondamentales, dans le contexte de la crise des Gilets jaunes.
Les experts de l'ONU Inquiets
«Au vu des nombreux cas qui nous ont été rapportés, il y a une vraie inquiétude à avoir», a confié Michel Frost, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, interrogé par France Bleu. Les deux experts se sont par ailleurs dits insatisfaits par la réponse de l'État français, y trouvant un «déni de réalité» :
«La France s’honorerait à mieux répondre à nos questions. Ce qui est frappant, c'est que malgré les témoignages ou le travail de David Dufresne qui recense les yeux percés, les membres arrachés... eh bien il y a un déni de réalité: on nous répond que la France est un État de droit et que par conséquent il n'y a pas de violences policières», a précisé M. Frost.
Concernant l'utilisation des armes dites non-létales, Clément Voulé, rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de manifester, déclare : «Nous estimons que le dispositif de maintien de l'ordre français a des défaillances, notamment en ce qui concerne les armes qui sont utilisées». D'après les deux experts, la violence des manifestants n'est pas une raison suffisante pour autoriser l'utilisation d'armes comme les lanceurs de balles de défense (LBD). S'ils reconnaissent la présence de black blocs violents partout en Europe, les experts estiment que : «la réponse donnée par les autres pays est bien différente. Nous pensons qu'il existe d'autres logiques de gestion des manifestations».