October 18, 2019
Washington obtient un cessez-le-feu de cinq jours dans le Kurdistan syrien

La Turquie accepte un cessez-le-feu de cinq jours au nord de la Syrie dans les combats l’opposant notamment aux forces kurdes. Un arrêt théorique obtenu par Washington qui demeure, en dépit du retrait de ses troupes, un acteur central du jeu proche-oriental.
Recep Tayyip Erdogan consent à un cessez-le feu dans le nord de la Syrie
Après un après-midi d’échange avec le vice-président des États-Unis Mike Pence et le ministre des Affaires Etrangères Mike Pompéo, le président Erdogan a accepté une trêve de 120 heures. Et si certains médias rapportent que des combats et des bombardements se poursuivraient actuellement dans la ville frontalière de Ras al-Ain, la Turquie aurait globalement suspendu donc son offensive dans le Kurdistan syrien… une offensive qui visait selon Ankara, à se débarrasser des "terroristes" du PYD, pendant du PKK en Syrie.
Une intervention turque qui avait été rendue possible par le retrait des troupes étasuniennes et qui avait fait l’objet de multiples critiques occidentales, de la part notamment de l’Allemagne et de la France… deux pays qui n’auront rien changé à l’affaire… les Etats-Unis de Donald Trump, qui disent vouloir prendre leur distance avec ce conflit, montrent que même en se retirant leur pouvoir de dissuasion reste extrêmement fort, et pour cause, l’Oncle Sam demeure la première puissance au monde. Le président étasunien s’est d’ailleurs félicité de cet accord, plaisantant sur l’amour vache qui l'unit à son homologue turc… une sortie une nouvelle fois haute en couleur !
Quoi qu’on pense de l’actuel président américain, l’obtention d’un tel cessez le feu par son prédécesseur, l’auraient sans aucun doute permis d’entrer en course pour le Nobel de la Paix… la différence de traitement médiatique entre Barack Obama et Donald Trump saute aux yeux dans l’Affaire syrienne.
Les forces kurdes et leurs alliés ont, semble-t-il, admis l’idée du cessez-le -feu… l’armée turque demeurera néanmoins sur place et les cinq jours qui viennent s’annoncent déterminants pour la suite du conflit.
Le temps des pourparlers et des jeux d’influence devrait à présent prendre le relais… les Kurdes, eux, semblent inévitablement condamnés à être les grands perdants de l’affaire quand Russes et Américains ont joué à plein le rôle d’arbitre… reste à voir comment évolueront les puissances régionales face à la nouvelle donne qui résultera des négociations à venir. Une seule certitude demeure : la France d’Emmanuel Macron, héritière certes des erreurs de ses prédécesseurs, est hors-jeu.
Et pour aller plus loin sur ce conflit qui agite le nord de la Syrie, vous aurez rendez vous demain avec Elise Blaise dans Le Samedi Politique !