July 11, 2019
Yémen : les Emirats arabes unis quittent leur Vietnam

Les Emirats arabes unis se retirent partiellement du Yémen. Cet Etat fédéral de la péninsule arabique semble se mettre en retrait sur ce théâtre d’opération dans lequel ils participent à une coalition anti-Houthis menée par l’Arabie Saoudite.
Le Yémen, c’est le Vietnam !
C’est en substance ce que doit se dire le ministre de la Défense émirati, Mohammed Ben Zayed. L’Etat fédéral composé de sept émirats et dirigé par l’émir Dabou Dabi Khalifa ben Zayed Al Nahyane a commencé en ce début de mois de juillet à réduire sa présence militaire au Yémen, théâtre d’une guerre larvée entre les monarchies émiraties et la dynastie Saoud contre la République Islamique d’Iran. En toile de fonds de ce conflit, des éléments géostratégiques évidents avec une opposition entre la sphère persique et la sphère arabe et israélienne soutenue par Washington mais aussi une opposition de type religieuse entre sunnites et chiites.
Le Chaos au Yémen
La coalition anti-Houtis, menée par Riyad, a lancé ses premières offensives en 2015, faisant sombrer le pays dans le chaos. Problème pour la coalition arabe : Ryiad pensait plier le problème yéménite rapidement… mais comme souvent dans ce type de conflit, difficile de faire choir un peuple installé sur sa propre terre et prêt à tous les sacrifices pour sa survie.
Vers une issue positive du conflit au Yémen?
Avec le retrait émirati, le conflit yémenite pourrait trouver une issue positive. En effet, les Emirats arabes unis, Etat armé jusqu’aux dents, était l'un des piliers de la coalition arabe… les déclarations - à prendre avec des pincettes - de l’administration d’Abou Dabi semblent aussi indiquer une possible voie de sortie du conflit, les émiratis évoquant la nécessité de passer d’une « logique militaire » à une « stratégie de paix prioritaire ».
L’image des pays de la péninsule arabique a largement été écornée dans ce conflit où des dizaines de milliers de personnes sont mortes, parmi eux des civils, femmes et enfants, montrant ainsi le vrai visage des monarchies du Golfe alliés de l’Occident.
Le retrait émirati avait déjà été évoqué par des responsables du pays lors des accords de Stockholm fin juin… et semble s’inscrire dans une nouvelle phase de tension régionale.
En effet, dans un contexte d’hostilité croissante entre Washington et Téhéran, les émiratis pourraient bien se recentrer sur leur propre défense… et pour cause : Abou Dabi est à portée de tir de l’Iran et sa disparition totale de la carte est possible.
Quant au Yémen, si le retrait des troupes émiraties peut paraître positif, les émirats laissent néanmoins des officiers sur place pour continuer à encadrer des milices, notamment islamistes, qu’Abou Dabi a contribué et former et à financer.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.