Qui est donc le mastodonte Youtube ? Depuis près de 15 ans, la plateforme américaine de vidéos a su asseoir un véritable monopole dans le monde entier. Une position de force qui n’est pas sans poser de problèmes pour les utilisateurs soumis aux lois d’un marché tout puissant.
L'argent avant tout ?
Censure pure et simple, déréférencement, démonétisation, les recours de Youtube ne manquent pas pour faire entrer les contenus dans les cases bien définies par le géant américain. Devenue une véritable usine à gaz pour les annonceurs, la plateforme de vidéos est également un véritable catalogue de publicités en ligne. La raison : l’énorme budget que brasse le système. En effet, pour chaque publicité observée sur les vidéos mises en ligne par la plateforme, il y'a une rémunération pour Youtube par les marques. Chaque clic a de la valeur et représente donc une véritable poule aux œufs d’or pour la plateforme.
Youtube Favorise les contenus à très large public plutôt que les contenus dits "clivants"
L’équation est donc simple : il faut favoriser les vidéos à très large public et pénaliser les autres… Youtube est ainsi devenu le paradis des petits chats. En effet, plus une vidéo est susceptible de toucher un large spectre d’internautes, plus elle est plébiscitée par l’algorithme de référencement de la plateforme. Plus clairement, Youtube permet à ces vidéos d’être plus visibles en les mettant en avant lors de vos recherches.
Les contenus dits "clivants" sont ainsi peu à peu chassés de la toile. La politisation des vidéos est donc l’une des cibles de choix. En effet, la pression des annonceurs pour éviter de voir leurs publicités diffusées sur des contenus marqués d’un point de vue idéologique pousse logiquement la firme américaine à les bannir progressivement.
Une chasse aux sorcières qui s’est accélérée ces derniers mois au point de mettre dans une situation difficile de nombreux Youtubeurs professionnels, considérés comme partenaires de la plateforme. En effet, ces derniers, titulaires de comptes importants sur le site, engrangeaient les vues et donc les gains. Car en toute logique, plus une vidéo est visionnée, plus la publicité est vue, et le titulaire de la chaîne perçoit une somme d’argent proportionnelle.
Mais avec sa nouvelle politique de contenu aseptisé, Youtube a cédé à la pression des annonceurs en décidant d’arrêter, ni plus ni moins, la monétisation des vidéos qu’ils jugent trop "clivantes". Ces contenus sont alors diffusés sans aucune publicité… et ne rapportent plus rien à ceux qui les produisent. Un bouleversement financier qui s’accompagne évidemment d’une chute du nombre de spectateurs, puisque l’algorithme de la firme a tout intérêt à privilégier dans les recherches les contenus qui lui rapportent. Un perte de visibilité qui se retrouve aussi sur Google, propriétaire de Youtube.
L’impératif économique a donc transformé peu à peu la plateforme, à plus fortes raisons que s’y ajoutent des éléments externes à l’entreprise. L’étau de la liberté d’expression semblant se resserrer de plus en plus, nombreux sont les militants internautes à s’organiser pour signaler comme indésirables les contenus qui ne défendent pas leur point de vue. C’est ainsi qu’à titre d’exemple, un JT de TVLibertés présentant un reportage sur la Gaypride à Paris avait été censuré après des signalements de plusieurs promoteurs de l’idéologie LGBT car comportant des images que leur communauté ne trouvait pas élogieuse… Des images qui n’avaient pourtant pas été modifiées ni même sorties de leur contexte…
Le contrôle du web par les états
Au delà de l’aspect purement financier, les états tentent de plus en plus de contrôler le web. Les diffuseurs sont peu à peu considérés légalement comme les responsables éditoriaux de leurs contenus. Une charge qui les pousse donc à être de plus en plus autoritaires dans leur choix de censure. A plus fortes raisons que ces enjeux s’accordent parfaitement avec les objectifs des annonceurs. En effet, la stratégie consistant à privilégier les contenus lisses permet également d’éviter les risques d’attaques sur le fond pour la plateforme.
Ainsi, la toute puissance éditoriale de Youtube, conjuguée à sa position de quasi monopole qui la rend incontournable pour le moment, complique considérablement la vie de la liberté d’expression. Pour l’heure, aucune alternative à cette plateforme hégémonique n’est prête à prendre le relais en privilégiant la pluralité. L’espace de liberté que constituait internet à son avènement semble bel et bien dépassé...