29 janvier 2019
A la une de Minute !

Ce qu’Ingrid Levavasseur avait découvert sur Haïk Shahinian.
En annonçant, lundi, qu’il renonçait à diriger la campagne de la liste Gilets jaunes conduite par Ingrid Levavasseur pour les élections européennes et souhaitait prendre du « recul », Haik Shahinian a devancé le scandale qui allait éclater. L’aide-soignante, pas si « décérébrée » qu’il le pensait, avait découvert de qui elle allait dépendre.
Pour toutes celles et ceux qui n’ont pas compris, je le répète pour la 1500e fois : je ne suis pas candidat aux élections européennes, je ne serai pas candidat aux élections européennes, je ne serai pas sur la liste aux élections européennes.» Ce 21 janvier 2019, Hayk Shahinyan – c’est du moins ainsi qu’il orthographie son nom sur ses multiples pages Facebook – est formel et un tel désintéressement force l’admiration. Et en effet, deux jours plus tard, lorsque la liste menée par Ingrid Levavasseur est annoncée et que les noms des dix premiers – ceux qui seraient élus si ce Ralliement d’initiative citoyenne faisait le plein des voix actuellement accordées par plusieurs sondages à une liste Gilets jaunes, ce qui est très loin d’être acquis –, il n’y figure pas. Hayk Shahinyan n’en sera « que » le directeur de campagne.
« Né à Erevan (Arménie), de nationalité
arménienne »
Désintéressement et abnégation, vraiment ? Ou plutôt impossibilité ? Car pour pouvoir se présenter aux élections européennes, il faut remplir deux conditions : être majeur – il l’est - et, surtout, être citoyen français ou ressortissant d’un pays membre de l’Union européenne. Or, à moins d’avoir été naturalisé très récemment, mais alors vraiment très récemment, il n’est ni français – ni belge, ni allemand, ni italien, ni même hongrois ou tchèque, etc.–, il est arménien ! Et si l’Arménie est candidate à l’entrée dans l’Union européenne, elle n’est que candidate. S’il n’est pas candidat, c’est tout simplement… qu’il n’en a pas le droit. Sur quoi nous basons-nous pour affirmer cela ? Evidemment pas sur son patronyme mais sur un document officiel qu’il a lui-même rempli : les statuts de sa dernière société, du nom de WinApp, domiciliée dans le XXe arrondissement de Paris. Une SAS, une « société par actions simplifiée », au « capital variable de 1000 à 100000 euros» – mazette ! –, mais qui, pour le moment, en est resté à la somme minimale sous la forme d’un millier d’actions numérotées de 1 à 1 000 – voilà qui en fait de la paperasse pour pas grand-chose–, un millier d’actions qui valent un euro chacune – moins cher qu’un ticket de tombola –, et qui sont toutes détenues par Haik Shahinian ! Haik Shahinian? Oui, sur les statuts constitutifs de sa société, Hayk Shahinyan s’écrit Haik Shahinian. Et sur ce document en date du 11 mars 2018 et paraphé par ses soins, il a bien été obligé de se conformer à la loi qui exige qu’il mentionne sa nationalité. C’est ainsi qu’on y lit : « Il est précisé que les présents statuts ont été signés par Monsieur Shahinian Haik, né le 13/04/1989 à Erevan (Arménie), de nationalité arménienne ». Pour un garçon qui est en France depuis l’âge de 15 ans, qu’il n’ait pas obtenu la nationalité française à l’approche de la trentaine révèle, au choix, que la France est pour le moins parcimonieuse sur l’attribution de sa nationalité – ça se saurait! – ou que l’intéressé ne l’a tout simplement jamais demandée, préférant conserver pour seule nationalité celle de ses ancêtres.
(...)Minute