22 mai 2019
À la une de Présent

Aujourd’hui les Russes, hier les USA, demain l’alliance intergalactique ?
Accès de patriotisme ou vent de panique ? La République en Marche aux abois s’attaque à présent aux supposées connexions existant entre le RN et les puissances étrangères. Une ficelle trop grosse visiblement.
Vladimir Poutine, Donald Trump ? Les accusations de financement étranger et de connivences pleuvent sur le Rassemblement National depuis plusieurs jours. En cause, la visite de Steve Bannon en France qui apporte des munitions à la liste LREM-MoDem et au Premier ministre Edouard Philippe
I*l aura suffi d’une visite de Steve Bannon (photo) *pour relancer la machine…
« Marine Le Pen, l’extrême droite autrichienne, l’extrême droite allemande sont fortement liées au parti de Poutine et à Poutine », a dénoncé le vétéran écologiste Daniel Cohn-Bendit, un proche d’Emmanuel Macron, lors d’une session Facebook Live dimanche, au lendemain de l’affaire qui a mené en quelques heures à la démission à Vienne du Vice-chancelier d’extrême droite Heinz-Christian Strache et à la rupture de la coalition, d’après l’AFP. Une accusation assez légère quand on sait que l’inénarrable Cohn-Bendit traîne derrière lui un passé trouble. Car, lorsque le citoyen allemand menait les émeutes de mai 68, personne ne se souciait de savoir s’il était un agent étranger au service de la RDA.
Las, étrillés par une campagne européenne particulièrement inaudible et extrêmement mal incarnée, LREM ressort donc les vieilles ficelles. Mais un progrès notable est à noter : foin des accusations de nazisme, fascisme et autres anathèmes sortis des décombres d’Oradour. Aujourd’hui, Emmanuel Macron se pose en patriote européen opposé aux traîtres vendus à l’étranger que seraient le RN et ses alliés européens. Une rhétorique que tout adepte du point Godwin pourrait comparer à un certain régime criminel allemand qui avait désigné une catégorie de la population comme nuisible à la solde d’une puissance étrangère internationaliste.
Ainsi, LREM ne combat plus le RN mais Moscou et Washington. Une position osée et nous sommes nombreux à ignorer que la Russie et les USA siégeaient au Parlement européen mais trêve de plaisanterie.
Si vraiment de tels liens existaient entre le RN et des puissances étrangères, nous exigeons des preuves autres que le ralliement d’Andréa Kotarac et les amitiés russes de Thierry Mariani. Si, vraiment, de tels liens existent, soyons certains que Mediapart aurait sorti une enquête léchée et inattaquable sur le fond. Or, pour tout lien russe, il s’agirait plutôt des liens ambigus qu’entretient Alexandre Benalla avec un certain oligarque russe. Et si ces liens condamnables avec une puissance étrangère étaient plutôt à traquer du côté de l’Elysée ?
Car les présidents de la République n’avaient jamais rechigné à financer leurs campagnes avec des fonds étrangers, qu’ils soient libyens, gabonais ou congolais. Qu’importe, la démarche de LREM ne repose sur aucun fait avéré sinon des rencontres entre Bannon et Marine Le Pen. Quant à la proximité entre la présidente du RN et d’autres leaders européens, quoi de plus normal quand on sait que la composition des futurs groupes politiques seront déterminants concernant la configuration du parlement européen ?