24 mai 2019
À la une de Présent !

Voter, comprendre
Quand vous lirez ces lignes, la campagne électorale sera achevée. Il est de bon ton de dire que cette campagne n’a servi à rien, que les Français s’en désintéressent, et que l’énorme pourcentage d’abstention annoncé découlerait de la médiocrité des débats, voire de la médiocrité des candidats. A la vérité, l’abstention traduira surtout l’énorme distance qui sépare les Français d’une institution européenne qui, pour intrusive qu’elle soit dans notre vie quotidienne, semble trop lointaine, trop abstraite, trop éloignée de nos réalités pour déchaîner des passions. Pourtant les débats ont été rudes, au moins entre les chefs de file, et ils ont été utiles : ils ont montré des adeptes d’une renonciation à la souveraineté nationale constamment sur la défensive, reconnaissant le fonctionnement chaotique de leurEurope, peinant à justifier que l’on vote quand même pour eux.
Quant à la critique sur la qualité des candidats, elle est à nuancer très fortement. Certes, indépendamment des idées de chacun, les choix de Mme Loiseau ou de M. Glucksmann ont été des erreurs. Mais à l’inverse, la performance d’un garçon de 23 ans, inconnu jusqu’alors, pour prendre la direction d’une liste majeure, a littéralement sidéré la classe politique. Que faut-il admirer le plus ? Le jeune politique, ou la sûreté de choix de ceux qui ont identifié ses potentiels ? Par contraste, la pitoyable intervention de François Bayrou, mercredi soir, en lieu et place de Mme Loiseau, révélait aux Français que le vieux monde est derrière eux.
Dimanche nous ne voterons pas Jeanne d’Arc. Nous ne voterons pas non plus pour certaines petites listes, fort sympathiques, mais qui n’avaient pas leur place ici. Nous n’égarerons pas nos voix vers LREM, au nom de la défense de l’ordre, le dernier rebondissement dans l’affaire Benalla (la convocation d’une journaliste par la DGSI) nous rappelant que le macronisme se caractérise d’abord par le désordre et les atteintes aux libertés. Malgré certaines valeurs partagées, paraît-il, avec Bellamy, nous n’oublierons pas les résultats des votes des Républicains au Parlement européen, sur les questions sociétales, comme les a publiés et commentés Présentde vendredi. Mais quoi que nous pensions du suffrage universel, notre devoir d’Etat, c’est de voter, et de voter pour la liste la moins éloignée de nos valeurs, et susceptible d’envoyer des députés à Strasbourg. Présentn’est pas le quotidien du RN et ne donne pas de consigne de vote, mais il nous semble qu’il n’y a pas plus d’une, voire deux listes, peut-être, répondant à cette définition. Dimanche aucune voix de la droite nationale ne doit manquer.
Notre Europe à rebâtir
Lundi (sur notre site), mardi dans les kiosques et dans les boîtes aux lettres, le numéro 9372 dePrésentcomportera 12 pages, et sera intégralement consacré aux élections européennes. Toute l’équipe rédactionnelle commentera les résultats du scrutin, en France, mais aussi en Italie, en Grande-Bretagne, en Pologne,etc. Ce numéro de Présentaura un tirage important, et sera largement distribué dans les kiosques. Son ambition est de nous aider à tirer les leçons de cette campagne, et à réfléchir à la suite : notre Europe à rebâtir, les prochaines échéances électorales, nos propres engagements.
Ce numéro sera en vente un jour seulement : le mardi 28 mai. Retenez-le chez votre marchand de journaux. Participez à sa diffusion, offrez-le autour de vous. Il sera collector. Mais surtout il marquera d’une pierre blanche ce jour où les peuples européens ont décidé de reprendre leur destin en main.