22 janvier 2019
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L'aveuglement de Macron
LE QUINQUENNAT DE MACRON, ses ambitieuses réformes économiques, tout cela est désormais fichu en l’air. Le quinquennat est terminé de fait, comme le chiraquisme de droite avait été stoppé net et à jamais, après la mort du jeune Malik Oussekine, en décembre 1986. Ce n’est certes pas le « grand débat » qui remettra à flot un navire gouvernemental échoué, envasé, et déjà à moitié démantelé. Tout cela à cause d’une fiscalité écologique punitive, mise en œuvre par les intégristes de la fiscalité à tous crins, alliés aux intégristes écologiques (15 milliards d’impositions supplémentaires étaient prévus à ce seul titre, sur le quinquennat). Et même si, à présent, certaines des mesures ont été reportées, la colère n’est pas retombée et elle aura en fin de compte, directement ou indirectement, des conséquences très lourdes sur les recettes fiscales, qui mettront dans le rouge un budget 2019 bâti différemment.
« C’est une bombe atomique ! »
Mais revenons trois mois en arrière, quand tout aurait pu encore être évité. A la mi-octobre 2018, très exactement le 16 octobre, à l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances fait dire aux plus lucides que le gouvernement va à la catastrophe, avec sa fiscalité verte, son dispositif punitif. Le député (LR) des Côtes d’Armor, Marc Le Fur, met alors en garde le gouvernement : « Pour les catégories qui travaillent (…), c’est une bombe atomique. Nos concitoyens vont se révolter et ils auront raison ». On devrait dresser une statue à ce Marc Le Fur ! Il avait tout vu, lui, il avait annoncé la tempête, sans aucune précaution oratoire, parce que l’explosion antifiscale lui paraissait certaine. A la même époque, le député LR du Val-de-Marne, Gilles Carrez, plutôt pointu sur les questions budgétaires, constatait : « La majorité a fait une erreur de politique fiscale qui a déjà eu des conséquences sur la consommation, et donc sur la croissance, au premier semestre. » Encore n’avait-il pas vu la suite…
La hausse des taxes sur l’énergie et sur les carburants, prévue par le budget 2019, devait intervenir au moment précis où le prix du pétrole était en train de flamber, et alors qu’était organisé l’ajustement du prix du gasoil sur celui de l’essence sans plomb, c’est-à-dire augmenté à ce seul titre. La conjonction de ces trois hausses a transformé une augmentation de taxe, estimée au départ à quelques centimes d’euros, en une hausse de l’ordre de 25% ! De quoi mettre gravement en difficulté plusieurs centaines de milliers de foyers français. Car cette fiscalité punitive se révélait particulièrement préjudiciable pour ceux qui se chauffaient au fioul ou qui utilisaient beaucoup leur voiture. Elle frappait au portefeuille des catégories socioprofessionnelles spécialement modestes : les ruraux, les paysans, les habitants des petites villes, ou de banlieues mal desservies. La solution qui leur était offerte était de changer de voiture pour une voiture électrique, et de changer leur chaudière… Ils avaient déjà du mal à finir le mois, on leur augmentait le carburant et on voulait les obliger à faire des dépenses considérées comme énormes au regard de leur budget familial. Quelle provocation ! Quel aveuglement ! Quelles inconséquences !
(...) Présent