Raison de plus pour soutenir Présent (NDLR : et TVL !)
Le tribunal de commerce de Bobigny a rendu sa décision jeudi : L’Humanité, en cessation de paiement, obtient un sursis, et continuera à paraître sous le régime du redressement judiciaire. Economiquement, c’est une décision ahurissante. Politiquement, elle était attendue.
Qu’est-ce que L’Huma aujourd’hui ? 7 millions de dettes, 32 000 exemplaires « vendus » par jour, mais essentiellement des mairies, des syndicats, des bibliothèques et des institutions. Personne pour le lire réellement, car il s’agit d’autant de subventions déguisées.
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Faites un tour dans n’importe quelle administration, dans n’importe quel ministère, dans n’importe quelle organisation syndicale : vous y verrez des exemplaires de L’Humanité, qui ne sont même pas sortis de leur emballage. Et très régulièrement L’Humanité est renfloué par des subventions déguisées. De grandes entreprises publiques souscrivent à des pages publicitaires, ou opèrent des dons plus directs. Sur Air France, on vous propose L’Humanité, mais pas Présent ; les patrons en voyage ont l’impression de s’encanailler en prenant un exemplaire qu’ils dissimulent dans les pages des Echos.
Le budget publicitaire de L’Huma est énorme au regard de sa faible diffusion : 1,6 million d’euros de publicités par an. Bravo, les commerciaux ! Il s’agit là aussi, vous l’avez bien compris, de subventions déguisées, en provenance des pouvoirs publics et de grandes entreprises.
A l’époque Hollande, les députés ont même voté un effacement des dettes fiscales et sociales du journal à hauteur de plus de 4 millions d’euros. Vous connaissez d’autres entreprises qui ont eu droit à un tel traitement de faveur ?
Mais rien n’a changé, malgré ces aides de toutes natures, renouvelées d’année en année : et la cessation de paiement a sanctionné l’immobilisme. Deux administrateurs judiciaires ont été nommés. Ils doivent prendre les commandes administratives du journal, décider des mesures de redressement, qui passeront forcément par un vaste licenciement économique. Comment imaginer en effet que* L’Humanité* puisse continuer à employer 200 collaborateurs ?
Certains nous diront que L’Humanité a changé, que L’Humanité soutient certes le dictateur Maduro au Venezuela, mais que le Venezuela, c’est loin, que* L’Humanité* soutient aussi la Russie face aux sanctions européennes, que, d’une façon générale, L’Humanitén’est pas très proeuropéen, que L’Humanité approuve plutôt les Gilets jaunes, après avoir un temps mis en garde contre ce « néofascisme ». Mais c’est le monde qui a changé, pas L’Humanité. Et c’est bien dans les pages de* L’Humanité*, ou sur son site, qu’un rédacteur stalinoïde nous parle du « porc Stéphane Ravier », par exemple (site Internet de L’Humanité, 7 février 2018).
Les chances de survie de L’Humanité, à moyen terme, sont extrêmement faibles. Il faudrait pour cela que le communisme apporte une nouvelle espérance. Mais d’où peut-elle venir ? De la Chine, devenue le pays numéro un de l’ultralibéralisme, et dont les travailleurs sont encadrés par des commissaires politiques ? De la Corée du Nord ? Une caricature invraisemblable ! Du Venezuela ? Un régime honni par le peuple, et défendu uniquement par Mélenchon, Taubira (Le Monde du 8 février 2019) et L’Humanité, précisément.
La décision du tribunal de commerce de Bobigny est une décision politique. Elle ne changera pas le destin de la France, le destin de la gauche, le résultat des européennes. C’est un non-événement. Mais il est vrai que nous aurions aimé que le journal de Staline, de Pol Pot, et aussi de Thorez, de Waldeck Rochet de Marchais, de Krasucki, disparaisse dans les poubelles de l’Histoire. Ce ne sera pas pour cette fois.