11 février 2019
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Acte XIII : entre casseurs et Gilets jaunes pacifiques
LES MÉDIAS AUX ORDRES nous le répètent pourtant en boucle : Macron regagne des points dans l’opinion publique, le grand débat national prouve son efficacité, ou le mouvement des Gilets jaunes s’essouffle. Un coup d’œil dans la rue suffit pourtant à prouver le contraire : pour ce treizième samedi consécutif, la mobilisation ne faiblit pas à Paris avec 12 000 manifestants selon le comptage du Nombre jaune (118 000 pour la France et même 240 000 d’après le syndicat France Police-Policiers en colère). Une réflexion entendue plusieurs fois montre que les Gilets jaunes ne sont pas dupes du matraquage médiatique et de la com macronienne : « L’avantage du grand débat c’est que, les jours de show présidentiel, on éteint la TV. »
Un nouveau sujet de discussion apparaît avec cet acte XIII : faut-il continuer à déclarer les manifestations comme le fait un collectif depuis plusieurs semaines ? Jérôme Rodrigues y est opposé et a publié un communiqué en ce sens. Il y explique ne pas vouloir porter la responsabilité d’envoyer les manifestants se faire mutiler par la police : « C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités aujourd’hui, ainsi que la préfecture de police. » Cette journée sera encore marquée par une blessure très grave : une main arrachée par une grenade GLI F4. La manifestation s’est tendue dès l’arrivée à proximité de l’Assemblée nationale. Des casseurs s’en prennent aux grilles du bâtiment. Les forces de l’ordre répliquent par des gaz lacrymo et des grenades. Les black blocs, éjectés du cortège la semaine précédente par les Gilets jaunes, sont nombreux et bien visibles. Tout de noir habillés et visage masqué, peu d’entre eux portent un gilet jaune. Leurs drapeaux révolutionnaires rouges, à l’effigie du Che ou portant le logo des antifas flottent au-dessus de leurs têtes.
(...) Présent