Acte XV : honneur aux gendarmes, à bas les « Benalla » !
REPORTAGE - Pour cet acte XV ensoleillé, tandis qu’Emmanuel Macron tâtait le cul des vaches et tentait de vamper les agriculteurs, longue promenade des Champs-Elysées au Trocadéro par Saint-Augustin, l’avenue de l’Opéra, le Louvre, le pont Royal, les rues du Bac et de Sèvres et via l’Ecole militaire et le pont de l’Alma ; un cortège escorté tout au long par les gendarmes, les CRS et les CSI (compagnies de sécurisation et d’intervention), sans incident majeur. L’objectif des forces de l’ordre – éviter la casse contre les banques et les commerces de luxe – a été atteint.
Les femmes présentes, les antifas aussi
À la une de Présent !
Comme toujours depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, de nombreuses femmes de tous âges dans la manifestation, gage de pérennité.
L’extrême gauche avait imposé ses slogans : « Justice partout, Police nulle part », « Tout le monde déteste la police », « A, A, anticapitaliste », repris à plusieurs reprises par des gauchos et certains « Johnny ». Quelques Marseillaise aussi…
Des drapeaux noirs mais également un drapeau royaliste et un Antillais arborant fièrement les couleurs de Jeanne d’Arc, ce qui paraît plutôt léger en matière de « présence visible de l’ultradroite »… Sauf à considérer que les drapeaux tricolores et régionaux participent de cette mouvance, mais nous devrons attendre le verdict des clowns tristes Castaner-Nuñez pour en savoir davantage !
De son côté, le journaliste indépendant Vincent Lapierre, lui aussi étiqueté comme « faf » en raison de son amitié avec Dieudonné (les fascistes ont bien changé depuis les années 1930-1940 !), s’est encore fait prendre à partie par les antifas, rive droite, alors qu’il était en fin de cortège, mais ses amis ont réussi à le protéger.
Un gadget qui a du succès : le masque Benalla.
Les premiers incidents ont commencé bien plus tard, près du Trocadéro, quand les CRS ont entrepris de traverser l’avenue du Président-Wilson au milieu de la foule. Peut-être pour procéder à des interpellations. Ou peut-être en raison d’un ordre inepte donné par l’état-major de la Préfecture… Donc, premiers jets de projectiles contre eux et premières grenades de gaz lacrymogène en réponse, mais ces escarmouches ont peu duré et la manifestation s’est rapidement dirigée vers la place du Trocadéro toute proche. N.B. : surtout, ne pas oublier de se munir d’une huile essentielle, l’Eucalyptus radiata, utile pour l’occasion ! Quelques gouttes sur un mouchoir suffisent, et respirez bien !
Une fois arrivés à destination, les nombreux manifestants (le chiffre officiel de 4 000 relève de la blague, il faut au moins multiplier par trois !) se sont donc regroupés sur la place, rejoignant incidemment quelques dizaines de Camerounais très bruyants qui protestaient contre la réélection récente de leur président (à vie ?) et de nombreux touristes d’origines diverses ravis de photographier et de filmer les autochtones en jaune.
Une étrange impunité
Il était donc difficile aux forces de l’ordre d’obtenir la dispersion après 17 heures, heure annoncée de la fin de la manifestation. C’est la raison pour laquelle leur stratégie a consisté à « nasser » la foule, encore qu’il fût largement possible de sortir de la place pour une personne avisée. Il eût d’ailleurs été difficile, et contre-productif, de retenir plus de 10 000 personnes, sans compter les Africains et les touristes… Donc, les lieux ont commencé à se vider doucement, sans violences superflues, et seuls les plus virulents ou les plus curieux sont restés sur place, comme par un jeu de sélection naturelle. Dans ces cas-là, il peut être bon de se rapprocher des gendarmes mobiles, encore une fois étonnants de professionnalisme et de sérénité, car eux savent faire la différence entre un manifestant et un casseur. Des GJ conversaient d’ailleurs de façon courtoise avec eux, mettant en avant leur respect pour la gendarmerie et leur animosité (le mot est faible !) à l’égard des BAC – brigade anticriminalité, alias les « Benalla ». Il faudra d’ailleurs des années pour rattraper l’image catastrophique donnée par les BAC (plus que par les CRS) lors de ces événements. Cette fois, les BAC positionnées non loin n’avaient manifestement pas reçu l’ordre de bouger, ce qui était aussi bien. Comme quoi, les nombreuses vidéos, plaintes et condamnations diverses des instances internationales commencent à produire leur effet…
Les quelques dizaines d’antifas vêtus de noir avaient, comme d’habitude, disparu à cette heure-là, après avoir déclenché plusieurs jets de projectiles contre la police. Comme la semaine précédente, ils s’étaient auparavant regroupés autour d’un drapeau noir, au milieu de la place, une fois arrivés au terme de la manifestation. Bien qu’ils soient très forts pour se volatiliser, on fait mieux en matière de discrétion. La question reste lancinante : comment expliquer une telle impunité ?