18 mars 2019
À la une de Présent

Bilan de l’acte XVIII : ultraviolence et incompétence
A la rédaction de* Présent*, nous savions que ce samedi 16 mars serait une journée particulièrement violente. Nous le savions, car des correspondants nous avaient signalé que les black blocs donnaient comme consigne de monter tous à Paris. Mais, curieusement, Macron et Castaner, eux, l’ignoraient, semble-t-il. On ne dira jamais assez l’incroyable insuffisance des forces de l’ordre sur les Champs-Elysées, tandis que de nombreuses compagnies de CRS restaient l’arme au pied tout autour du palais de l’Elysée. On ne dira jamais assez le catastrophique effet de ces images du président, tout sourire, en train de skier, tandis que « la plus belle avenue du monde » était livrée aux flammes et aux vandales. On ne dira jamais assez à quel point l’image de l’homme Castaner en boîte de nuit a altéré la crédibilité du ministre Castaner. Si l’acte XVIII des Gilets jaune doit rester, c’est peut-être d’abord sur ce plan. Et en toute logique Castaner devrait sauter.
Une satisfaction toutefois : les manifestations en province ont été infiniment plus calmes qu’à l’ordinaire (Bordeaux, etc.), tout simplement parce que les black blocs n’y étaient pas, ayant tous pris la route de Paris.
Ce n’est plus une infiltration, c’est un débordement
Au début du mois de février, Présent diagnostiquait trois faiblesses chez les Gilets jaunes, auxquelles il convenait de répondre rapidement :
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cette annonce de listes, dans le cadre des élections européennes, qui était alors d’actualité. Ce point paraît réglé, après l’effondrement de tous les projets lancés par les uns ou les autres, avec ou sans le soutien de Bernard Tapie, ce dernier ayant actuellement d’autres chats à fouetter ; les Gilets jaunes devraient effectivement renoncer, et en toute hypothèse les sondages leur donnent désormais des scores minuscules ;
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ce foisonnement de porte-parole autoproclamés, champions d’une diarrhée verbale les rendant peu crédibles. Là aussi, les choses ont évolué. Les figures les moins sérieuses se font discrètes ;
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cette incapacité à maîtriser les casseurs et les pilleurs infiltrés. Pour le coup, non seulement rien n’a changé, mais le nombre global de manifestants ayant diminué, la proportion des anarcho-communistes progresse, en proportion. Samedi, sur les 10 000 manifestants rassemblés à Paris, le nombre de black blocs était évalué à 1 500. 1 500 sur 10 000, ce n’est plus une infiltration, c’est un débordement. 237 casseurs ont été interpellés, 185 gardés à vue. Il s’agit, à 50 %, de moins de 30 ans, parmi lesquels une vingtaine de mineurs. Curieusement ne sont diffusés ni les noms, ni les villes d’origine, ni les métiers exercés, ni les appartenances politiques ou syndicales, ni les passés judiciaires, ce qui aurait pourtant été le cas s’il s’était agi d’un rassemblement d’étudiants du GUD ou de militants identitaires.
Le mot même de black blocs n’a pratiquement pas été prononcé dimanche, si ce n’est par quelques syndicats de police, alors qu’il est bien évident que le profil de ces manifestants-là n’avait guère de rapport avec celui des Gilets jaunes « classiques » et des retraités des ronds-points. Mais il faut reconnaître aussi que certains Gilets jaunes « normaux » ne faisaient rien pour décourager les casseurs, comme s’ils espéraient que la violence des anarchistes donne plus de poids à leur colère. Ce qui semble d’ailleurs être le cas.