08 février 2019
Nice : Gilets Jaunes et drapeaux rouges ne se mélangent pas !

Mardi 5 février, la CGT a appelé à la grève générale. Depuis le mouvement des Gilets‐jaunes, la CGT peine à redorer son blason du rouge révolutionnaire, après sa chute régulière comme porte drapeau des luttes de classes. Il faut dire qu’entre le scandale des 130.000 euros de travaux pour la déco de l’appartement de son secrétaire général Lepaon en 2014, les salaires confortables de ses cadres à 5.000 euros en 2015 et l’appel à voter Macron en 2017, la CGT de Philippe Martinez a du plomb dans l’aile. Confortablement installée dans ses châteaux, perfusée d’argent public d’environ 20 millions d’euros par an, via le Fonds pour le financement du dialogue social, la CGT est en mal de représentativité. Il lui faut des troupes d’idiots utiles pour justifier de continuer d’exister. • Eux qui n’ont rien vu venir avec ce mouvement jaune protéiforme. • Eux, les professionnels de la manif, se sont fait voler la vedette par des « sortis de nulle‐part ». C’est donc un appel du pied (au cul) que la centrale syndicale a adressé au Gilets Jaunes en les invitant à mélanger leur couleur avec la leur.
À Nice, la CGT a invité ses drapeaux rouges à se rassembler place Garibaldi à 10h30. Sono, vieux calicots usés par des journées passées d’action répétitives et inutiles, tout est en place. Ils attendent les Gilets Jaunes avec des yeux de Chimène. De leur côté, dès 10 heures, les Gilets Jaunes disponibles en semaine (la plupart d’entre eux travaillent), se sont rassemblés devant les tribunes du carnaval, place Masséna. En cortège, motos en tête, ils ont rejoint Garibaldi.
Là, les jaunes ont été « invités » à fondre leur couleur dans le rouge, voire pour les motos à jouer les serre‐file à la fin de la manifestation. Aller hop, les motos, derrière ! Les Gilets Jaunes ne l’ont pas entendu de cette oreille. Au départ du cortège bigarré, les motos jaunes se sont placées en tête du cortège, suivies de la délégation des Gilets Jaunes, le tout devant la grande banderole CGT, derrière laquelle les cégétistes ont emboîté le pas. L’ordre de préséance a bien été respecté.
Chacun chez soi.
Dès 12.30, le cortège bicolore a fini par se séparer. Tels les étourneaux aux changements de direction aléatoires, les Gilets Jaunes ont planté les cégétistes et sont repartis seuls vers la place Masséna. Un grand moment de solitude pour ces révolutionnaires professionnels autorisés par le Pouvoir et financés par le Grand Capital, laissant les forces de l’ordre ancien sur leur parcours protégé. La CGT a pris un coup de vieux aujourd’hui.
Pas de récupération !
Ni par un parti, ni par des syndicats, ni par aucun de ces corps intermédiaires responsables de la faillite de la France. Encore une fois : « On ne règle pas un problème avec ceux qui l’ont créé. » À bon entendeur.