25 avril 2019
Armes françaises au Yémen : toute information n'est pas bonne à dévoiler...

Trois journalistes du média d'investigation Disclose ont été convoqués par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 14 mai prochain, dans le cadre d'une enquête pour "atteintes au secret de la défense nationale", pour avoir publié des documents confidentiels défense relatifs aux armes françaises utilisées par l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis dans la guerre au Yémen. Les rédactions des journalistes concernés dénoncent une atteinte à la liberté de la presse alors que les documents diffusés présentent un intérêt public majeur.
Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France, estime que Paris "se cache trop derrière le "secret défense" alors que la transparence devrait être enfin de mise."
Disclose a montré des preuves irréfutables (...) qui montrent qu'il y a bel et bien une complicité indirecte avec des crimes de guerre. L'argument du secret défense ne peut plus suffire", déclare-t-elle à Reuters. "Nous sommes pour la protection des lanceurs d'alerte quand l'intérêt général est en cause, et là, c'est largement le cas."

Selon les documents dévoilés par Disclose, les armes exportées par la France, comme par exemple des canons Caesar, seraient actuellement utilisées dans la guerre en cours au Yémen, y compris dans des zones civiles.
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Canons français de type Caesar.[/caption]">
Le 18 avril, le ministre des Armées Florence Parly avait déclaré ne pas avoir d'éléments de preuve montrant que des armes "Made in France" auraient été utilisées par l'Arabie saoudite dans la guerre du Yémen : "A ma connaissance, ces armes ne sont pas utilisées de façon offensive dans cette guerre au Yémen et on ne peut donc pas, de façon mécanique, en tout cas, moi, je n'ai pas d'éléments de preuve permettant de dire cela, que des armes françaises sont à l'origine de victimes civiles au Yémen", a-t-elle notamment déclaré sur Radio Classique.