04 octobre 2021
Bernard Tapie : grand bateleur, piètre chef d’entreprise

**Reconnaissons-lui le culot, l’enthousiasme, la vitalité. Mais nul ne mérite moins que lui la qualité de chef d’entreprise. Mû par sa fougue et sa soif de popularité, Bernard Tapie, après avoir exercé moult métiers, s'était ”lancé dans les affaires”. **
Il avait racheté à bas prix des entreprises familiales comme Wonder, fabricant bien connu de piles alcalines. Wonder, créée au début du XXème siècle, avait fourni en piles les armées anglaises et françaises durant la première guerre et mis au point la pile alcaline qui sera par la suite copiée dans le monde entier.
Traversant une crise financière grave au début des années 1980, Wonder s’est vue rachetée par Bernard Tapie, qui s’est empressé de “tronçonner” l’entreprise en diverses sociétés, fermant des usines et mettant six-cents personnes sur le carreau, puis réussissant malgré tout un gros bénéfice à la revente de l’affaire à son concurrent Mazda. Wonder, disent les spécialistes, aura été “torpillée en dix mois”, au désespoir des salariés qui avaient vu en Tapie un sauveur.
Il en fut de même pour Manufrance, La vie Claire, rachetés à prix cassés, ou Terraillon, pour 1 Franc symbolique, ainsi qu’Adidas, qui furent liquidées très rapidement et le virent davantage aux prises avec les endettements et les affaires judiciaires qu’avec une relance positive et fructueuse.
Dans le concert de louanges adressé à cet homme de gauche, n’oublions pas les côtés déplaisants de Bernard Tapie, dont on imagine la volée de bois vert qu’il aurait pris tout au long de sa vie si ses opinions politiques avaient été autres.
C.H