14 juin 2019
Budget 2020 : l'acte II du quinquennat Macron débute par un casse-tête

Recherche économies pour budget 2020. Après un écart cette année, le Gouvernement compte réduire la voilure des dépenses pour l'année prochaine. Un casse-tête qui devrait faire des victimes collatérales alors qu'Emmanuel Macron a promis une baisse de l'impôt sur le revenu.
24 heures après le discours du premier ministre, Edouard Philippe, dressant les projets gouvernementaux pour l'année à venir, le ministre chargé du budget et des comptes publics, Gérald Darmanin, a lancé les conférences budgétaires avec ses collègues de l'exécutif pour commencer à caler les grandes lignes du projet de loi de finances pour 2020.
Comme chaque année, cet exercice s'avère extrêmement périlleux alors que l'année 2020 doit être celle du retour à l'équilibre en matière de finances publiques. Sur ce principe, l'équation apparaît délicate voire impossible à résoudre. En effet, dans son programme de stabilité révisé en avril et envoyé à Bruxelles, le Gouvernement vise désormais un déficit de 2% fin 2020 alors qu'il a franchi la barre symbolique des 3% cette année, notamment après le déblocage des 10 milliards d'euros pour répondre à la crise des gilets jaunes et la transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi, le fameux CICE, en baisse pérenne des charges patronales.
Si l'on peut croire que l'objectif du Gouvernement est atteignable du fait de cette dernière composante qui pèse 20 milliards d'euros, soit près d'un point de PIB, la marche n'en demeure pas moins très haute. Et ce, pour une simple et bonne raison... le programme de l'exécutif ne tient pas compte des annonces d'Emmanuel Macron concernant une baisse de 5 milliards d’euros d’impôts sur le revenu, dans le but de rendre du pouvoir d’achat aux classes moyennes qui travaillent.
D'ailleurs, le financement de cette mesure demeure encore aléatoire. Si dans son discours de politique générale tenu mercredi, le premier ministre a confirmé que la facture serait payée par des économies supplémentaires, notamment par la réduction de niches fiscales et sociales touchant les entreprises, des coupes franches pourraient également être opérées dans d'autres secteurs notamment dans la fonction publique.