01 avril 2020
Cap sur l’Asie du Sud-est : la Thaïlande - Olivier Frèrejacques

Thaïlande : on ne plaisante pas… sauf le roi !
Après la Birmanie mardi, partons aujourd’hui au Royaume de Thaïlande ! Ce pays, à la superficie sensiblement identique à celle de la France métropolitaine, compte environ 70 millions d’habitants.
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Bangkok, Thaïlande[/caption]
Se targuant d’être le seul pays de la région à n’avoir pas été colonisé, le royaume de Thaïlande est l’héritier du royaume de Siam. Le pays est aujourd’hui connu par les Occidentaux pour son tourisme pas toujours très haut de gamme.
16ème puissance mondiale, la Thaïlande est membre fondateur de l’ASEAN. Le pays entretient historiquement des rapports ombrageux avec ses différents voisins, birman, cambodgien comme laotien. Si l’activité économique a ralenti après le tsunami qui a frappé le pays fin 2004, la Thaïlande demeure la deuxième plus grande économie de l’Asie- du Sud-est, derrière l’Indonésie et devant la Malaisie. L’industrie représente un peu plus de 40 % du PIB contre environ 10 % pour le tourisme. Une minorité de 6% de la population totale, composée essentiellement de thaïs d’origine chinoise contrôlent aujourd’hui l’économie du pays.
Depuis le début des années 2000, les conflits politiques agitant le pays et mettant dos à dos chemises rouges et chemises jaunes ont trouvé un écho jusque dans la presse occidentale. Aujourd’hui, le premier ministre est Prayut Chan-o-cha et se situait dans le camp de la répression militaire des chemises rouges.
Ce conflit contemporain est complexe mais l’on peut trouver plus d’explications dans cet article d’un blog d’actualité sur la région ou alors sur le site de la chaîne Arte.
Migrants et Occidentaux face à la crise
La Thaïlande reçoit des millions de touristes sur son territoire chaque année. Place économique forte, le pays est aussi un lieu de commerce ce qui explique la présence massive d’Occidentaux sur place au moment du déclenchement de la crise. Face à cela, nombreux sont ceux qui sont rentrés chez eux… Mais nombreux sont ceux qui n’ont pas pu, faute de vols ! Aidés par leurs ambassades respectives, les Occidentaux ont ainsi largement demandé de prolonger leurs visas.
La situation est plus périlleuse pour l’immigration économique que connaît le pays.
Des milliers de travailleurs birmans travaillant en Thaïlande se sont retrouvés au chômage (fermeture des ateliers,…). Le gouvernement birman leur a demandé de rester sur place mais ils ont largement préféré revenir sur place, prenant d’assaut la frontière ouest, direction à Myawaddy dans l’Etat Karen via Mae Sot en Thaïlande.
Peu de « morts officiels » et une administration généreuse mais débordée
Pour l’ensemble du territoire thaï, on dénombrerait 1771 cas et seulement 12 morts de Covid-19 mercredi en début d’après-midi. Des chiffres qui peuvent paraître étonnement bas, eu égard aux échanges commerciaux permanents qu’entretient le pays avec la Chine.
Le gouvernement, qui a décrété l’état d’urgence le 24 mars, a par ailleurs promis 5 000 bahts mensuels pendant la crise pour soutenir les employés privés de travail soit environ 140 euros, une offre généreuse qui a entraîné une ruée vers l’or débordant l’administration, le site web prévu à cet effet a crashé et certaines sources estiment même que l’Etat devra emprunter 200 milliards de bahts s’il veut satisfaire les quelques 20 millions de thaïs qui se sont connectés !
Comme souvent dans ces pays qui connaissent une très grande disparité socio-économique entre villes et campagne, les attitudes vis-à-vis du virus y sont extrêmement différentes avec une attention quasi paranoïaque en ville et un désintérêt un peu désarmant en campagne. Il est cependant difficile aujourd’hui de se déplacer d’une province à l’autre.
Un Etat qui n’a décidément pas le sens de l’humour
Un confinement qui serait plutôt suivi dans les grandes agglomérations… Et pour cause, l’Etat n’entend pas plaisanter avec la maladie et cela même le 1er avril. Le gouvernement a ainsi prévenu que la propagation de fausses informations ou rumeurs sur le Covid-19 est passible de 100 000 bahts d’amende, soit 2 800 euros, ainsi que d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 5 ans.
Habitué aux régimes militaires peu soucieux des libertés, le pays a vu son premier ministre affirmer qu’il n’hésitera pas « censurer ou fermer les médias si cela est nécessaire ». Un raidissement du pouvoir observable partout sur la planète et qui est d’autant plus intense dans les pays enclins aux dictatures militaires…
Rama X en villégiature dans son Sigmaringen royal
L
’autoritarisme du premier ministre ferait presque oublier que le pays est avant tout une monarchie… heureusement Rama X, roi du pays depuis 2016 est là pour le rappeler !
Ce souverain, très controversé dans un pays pourtant attaché à sa famille royale, a cru bon de fuir le pays pour un hôtel de luxe à Garmisch-Partenkirchen en** Bavière**. Un exil pour lequel il est flanqué, notamment, de 20 femmes… Mais pas de son épouse, si l’on en croit la rumeur ! Un scandale pour le peuple thaïlandais mais aussi pour l’Allemagne, où tout le monde n’a pas apprécié la privatisation de l’hôtel pour le richissime et fantasque monarque.
Olivier Frèrejacques
