09 juin 2021
Comme un Boomerang (Présent)

Giflé par le réel
Drame et émoi national ! Lors d’un déplacement dans la Drôme, le président de la République a été souffleté par un individu immédiatement maîtrisé par le service de sécurité. Si cet incident est évidemment regrettable et condamnable, il a donné lieu à un véritable raz de marée de réactions plus outrées et délirantes les unes que les autres, démontrant une fois de plus l’écart abyssal existant entre la vie quotidienne des Français et celle, totalement hors sol, des prétendues « élites » hexagonales.
En effet, dans un pays où chaque jour des anonymes innocents tombent sous les coups de la racaille, où les attaques terroristes se multiplient, où l’on peut être lynché et massacré pour une cigarette refusée ou un regard mal interprété, où des jeunes mineurs s’entretuent à coups de barre de fer et où des policiers se font attaquer à chaque intervention quand ils ne se font pas tirer dessus, cette simple gifle assénée à une personnalité sensément « intouchable » semble avoir soudain fait prendre conscience aux médias comme aux politiques de la réalité concrète de la « violence », même très relative en l’occurrence. Tout à coup, la dite violence, l’ensauvagement de la société, ne sont plus des « fantasmes d’extrême-droite », les fruits d’un vague « sentiment sécurité » exprimé par un populo toujours en train de se plaindre et de de râler mais quelque chose de bien tangible qui peut atteindre même les plus privilégiés, même les plus haut placés, même les plus protégés ! Horreur et damnation ! Stupeur et tremblements ! D’où l’incroyable branle-le-bas de combat qui a suivi l’incident et l’invraisemblable surenchère de commentaires scandalisés et de condamnations sentencieuses qui ont, pour nombre d’entre elles, largement dépassé le stade du ridicule. A titre d’exemple, on pourra citer l’ineffable BHL qui n’a pas hésité à évoquer, en vrac, l’attentat du Petit Clamart et les chemises noires mussoliniennes, tandis que Jean-Luc Mélenchon –qui semble décidé à s’enfoncer chaque jour davantage dans le marécage du grotesque – affirmait que cet acte était la réalisation de ses prédictions et la démonstration du passage à l’acte des « violents ».