22 avril 2022
De vives voix - La semaine politique (Présent)

**Présent **- L’heure est venue de choisir entre la France et la finance. Le bulletin de vote au nom de Marine Le Pen paraît être le dernier moyen d’empêcher Emmanuel Macron d’appliquer son programme destructeur pour le pays, qu’il estime lui-même proche de la guerre civile. Qu’ils viennent de Reconquête ou d’ailleurs, les patriotes doivent s’unir derrière la candidate du Rassemblement national.
Il est difficile, à la veille du scrutin présidentiel, de commenter la semaine politique passée, alors que le lecteur en sait désormais autant que nous, qu’il se pose les mêmes questions que nous, et que les retombées du débat de jeudi n’ont pas toutes été analysées. Dans quelques dizaines d’heures, il sera possible de dire qui est le vainqueur, qui est le perdant de cette présidentielle 2022.Le comptage des bulletins aura certes désigné un gagnant et un perdant officiels. Mais il y a deux façons de perdre ou de gagner. Une victoire très étriquée (Giscard d’Estaing en 1974 : 50,81 % des suffrages, 425 000 voix d’avance sur Mitterrand) peut plomber toute la séquence présidentielle qui va suivre. Inversement, une courte défaite peut constituer un tremplin, en particulier si le faible écart de voix n’avait pas été anticipé par les sondeurs et les politologues, voire annoncer une révolte populaire d’une ampleur sans précédent.
Autrement dit, si les résultats déjouent les pronostics, Macron peut perdre cette élection par un comportement inattendu des électeurs, spécialement des indécis et de ceux qui étaient présumés abstentionnistes, ou il peut aussi perdre cette élection par une inconfortable victoire. D’autant que nul ne se fait d’illusion sur les difficultés qui attendent le vainqueur, dans un monde devenu spécialement dangereux et où la France s’est marginalisée, avec un Etat gravement endetté, un effondrement programmé du pouvoir d’achat, du fait d’une inflation inéluctable, d’un fort affaiblissement de notre système de protection sociale, torpillé qui plus est par l’immigration incontrôlée.
Une victoire étriquée de Macron serait aussi une défaite. Ce serait aussi une forme de rejet du personnage, de sa morgue, de cette dialectisation qu’il symbolise entre l’élite, les « sachants », et le petit peuple, ceux que Hollande appelait « les sans-dents », ces ploucs, ces franchouillards, caricaturés par Charlie et les autres, avec béret, baguette, durillon de comptoir, et verre de pernod à portée de lèvres. Cette France des humbles qui a généré chez les puissants la grande peur de 2018-2019, les Gilets jaunes, véritable jacquerie du XXIe siècle, cette France-là n’a pas disparu, elle se renforce, au contraire. Elle s’est exprimée dans la rue, elle s’est exprimée par ses votes, elle resurgira dès le lendemain de la présidentielle. La France des ronds-points est toujours là, on va l’entendre très fortement demain, quel que soit d’ailleurs le nom qui sera sorti des urnes.
Mélenchon vrai vainqueur ?
Depuis quinze jours, à en croire la classe politico-médiatique, et à en croire surtout l’intéressé lui-même, le grand vainqueur du premier tour ne serait ni Macron ni Marine Le Pen, mais… Mélenchon ! Parce qu’il est arrivé en troisième position, il est devenu le nouveau héros d’une gauche en quête d’incarnation. Mélenchon, par ses foucades, par son ego surdimensionné, par son incapacité à jouer « collectif », fait peur à ce qui reste de la gauche, mais depuis le 10 avril, celle-ci n’a plus d’alternative : c’est Mélenchon ou rien. Le PS en a d’ailleurs pris acte, par la voix d’Olivier Faure, le premier secrétaire du parti, les communistes et les écologistes aussi.
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